Ces habitants qui ont choisi de franchir le cap du covoiturage

Frédéric Brenon

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Une bonne et une mauvaise habitude.

La radio est allumée depuis peu

lorsque la fenêtre

s'ouvre, prête à évacuer la fumée. Il est 7 h 15 et, comme la plupart des matins, Fabien allume sa première cigarette. Voilà pour la « mauvaise habitude ». Cet employé logistique de 28 ans n'est pas chez lui mais dans sa voiture, garée sur un parking du Cellier. Il attend un ami pour filer, dans le même véhicule, vers leurs lieux de travail situés à Saint-Herblain. Une « bonne habitude » que Fabien essaie de répéter depuis la rentrée.

« J'en avais marre de faire une soixantaine de kilomètres par jour, seul, en voiture. Ça coûte cher et ma copine n'arrêtait pas de me répéter que je polluais la planète ! J'ai d'abord pensé au car, mais c'est la galère avec les horaires. Puis j'ai trouvé un collègue de la société d'à côté qui était dans la même situation. Lui habite Couffé. On s'est mis d'accord pour rouler chacun notre tour. » Le lieu de retrouvailles est vite trouvé : le conseil général venait juste d'aménager une aire dédiée au covoiturage, en bordure de la route Nantes-Angers.

Une vingtaine de parkings similaires, sécurisés et identifiés par un panneau, sont ainsi apparus ces derniers jours en Loire-Atlantique. Certains étaient déjà des lieux de rendez-vous spontanés (Carquefou, Donges...), d'autres ont été créés en fonction des demandes (Vallet, Puceul...). Plusieurs lieux populaires informels sont aussi utilisés par les adeptes quittant chaque jour l'agglo nantaise (Atlantis, Pirmil, Haluchère, etc.).

« Le covoiturage nécessite un peu d'organisation mais c'est très avantageux, raconte Mathilde, qui habite à Champtoceaux (Maine-et-Loire), travaille à Nantes et laisse sa voiture à Oudon. Avoir des aires spécifiques facilite les rendez-vous. Ça évite de faire du porte-à-porte ou de se garer dans le bourg. Il m'est même arrivé d'emmener quelqu'un que je n'avais pas contacté et qui attendait là pour trouver un véhicule. » « Lorsqu'on croise un panneau "covoiturage" alors qu'on est seul dans sa voiture, ça fait réfléchir, espère Christine, qui, elle, covoiture en tant que passagère. Plus il y aura de gens qui oseront s'y mettre, plus ce sera facile et intéressant financièrement. » A en croire la fréquentation croissante des aires du département, le changement d'état d'esprit est déjà en marche. W