L'emprunt de la région séduit le public

Frédéric Brenon

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Avec cet emprunt, la collectivité locale veut soutenir l'emploi pendant la crise.
Avec cet emprunt, la collectivité locale veut soutenir l'emploi pendant la crise. — J.-S. EVRARD / 20 MINUTES

« C'est un bon début, c'est sûr. Mais honnêtement, ça ne nous surprend pas plus que ça. » Il ne pavoise pas Jacques Auxiette, président de la région Pays de la Loire. Du moins devant les micros. Car nul doute que le premier bilan de l'emprunt obligataire lancé par le conseil régional doit fortement le réjouir. Une semaine tout juste après son ouverture aux particuliers, la souscription aurait en effet déjà permis de réunir plus de 40 millions d'euros. Soit la moitié du montant total (80 millions) que la région espère récolter avant le 9 octobre.

« Compte tenu de son rythme de progression, la souscription sera sûrement close de manière anticipée, pronostique le président socialiste. On souhaite aussi, dans un second temps, permettre à quelques investisseurs (assurances, mutuelles) de contribuer. Vu les demandes, il y aura beaucoup de déçus. »

Environ 5 000 épargnants, habitant pour la grande majorité en Pays de la Loire, auraient déjà souscrit à l'emprunt régional. Le placement moyen avoisine donc 8 000 euros. « Il y a pas mal de petits montants en provenance d'un public peu habitué à ce genre d'emprunts. On a aussi quelques souscriptions au-delà d'un million d'euros », note Simon Munsch, directeur financier de la région. Inédit en France, l'emprunt du conseil régional vise à dégager des fonds pour aider les entreprises et soutenir l'emploi pendant la crise. « Le bon démarrage du dispositif est le signe que les habitants ont confiance dans notre institution, estime Jacques Auxiette. Ils sont sensibles au fait que cet argent sera utilisé utilement, pas pour faire de la spéculation. »

L'analyse a ses limites. Car lorsqu'on interroge les épargnants sur leur motivation, l'argument politique est loin d'être celui qui revient le plus. « C'est le taux qui nous intéresse, assure Marie-Annick, 56 ans. 4 % par les temps qui courent, c'est un bon placement. » « J'ai ouvert un livret A l'an passé mais il me rapporte très peu, explique Lionel, 39 ans. L'emprunt de France Télécom m'avait déjà intéressé et là, je me suis dit que c'était le moment de se lancer. Si en plus ça profite à l'emploi, tant mieux. » W