Accusé « à tort » de viols en série, il préfère passer à l'acte

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Ses méfaits avaient fait souffler un vent de panique sur le campus il y a tout juste un an. Un couvreur-zingueur de 42 ans a été condamné hier à cinq ans de prison, dont un avec sursis, après une série d'agressions sexuelles à Nantes à l'automne 2008. Ganté, masqué et armé d'un couteau, Joël F. s'était introduit en l'espace de deux mois, au petit matin, chez deux étudiantes, qui avaient pour point commun d'habiter au rez-de-chaussée. Entre-temps, l'homme avait fait de même sur une vendeuse de vêtements, coincée dans la réserve de son magasin rue Scribe.

Joël F., déjà condamné en 2004 pour des faits similaires par la cour d'assises de Paris, a expliqué hier avoir voulu se faire justice lui-même. « J'ai pris six ans de prison et 10 000 euros de dommages et intérêts, alors que j'ai toujours crié mon innocence », rappelle cet ancien « artiste en devenir », qui a « tourné un film avec Clovis Cornillac en 1984 et traîné avec Joey Starr », selon son avocat. « Après ça, ma femme a divorcé, il ne me restait plus rien... A partir de là, je préférais payer pour quelque chose que j'aurais réellement fait. »

« Toutes les trois, on n'est pas coupables de cette injustice », lui répond Céline, l'une de ses trois victimes. « Nous, on ne lui avait rien infligé, et il nous a fait souffrir tout autant... On s'est juste retrouvées au mauvais endroit, au mauvais moment. » Le procureur acquiesce, et réclame dans la foulée huit ans de prison au nom de « la protection de la société ». « C'est un prédateur, qui ramène ses victimes à l'état d'objet », considère le magistrat. Joël F., sous le coup d'une peine-plancher de trois ans en raison de ses antécédents, encourait jusqu'à quatorze ans de prison. W

Guillaume Frouin