« Il ne s'agit pas de planter des arbres partout »

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Jacques Soignon, au Jardin des plantes.
Jacques Soignon, au Jardin des plantes. — J.-S. EVRARD / 20 MINUTES

Nantes, qui a accueilli ce week-end le congrès national des directeurs des jardins, est souvent citée en exemple pour ses espaces verts. A raison ?

Si on considère la diversité de nos parcs, oui. Si on observe leur étendue aussi : 1 080 hectares d'espaces verts, cela représente 37 m² par habitant, c'est-à-dire deux fois plus qu'à Lyon et Bordeaux, quatre fois plus qu'à Lille...

Et c'est un peu grâce à vous...

Pas seulement : nous sommes 450 jardiniers à produire un million de plantes par an. Le tissu associatif est de plus en plus dense et nous aide à vraiment développer l'événementiel et les animations comme la Folie des plantes, le Troc'plantes, les Floralies. Les Nantais ont de plus en plus besoin de vert, on le sait.

Le succès des Jardin à quais, au bout du cours des Cinquante-Otages, n'est donc pas surprenant...

Non, la demande existait. Mais les jeunes, notamment, utilisent l'endroit au-delà de nos espérances. Et puis les cygnes sont venus jusqu'aux jardins... J'y croise aussi des cormorans. C'est une très belle surprise.

Certains lieux nantais ne sont-ils pas encore trop minéraux ?

Pas forcément : il ne s'agit pas de planter des arbres partout ! On peut débattre de la place Royale, mais je ne la trouve pas si laide... Les grandes places de Rome, par exemple, ne sont pas végétales. Mais certains endroits peuvent encore être aménagés, comme la place de la Petite-Hollande.

Justement, quels leviers allez-vous actionner dans les années à venir ?

Le potentiel de développement reste important, notamment en direction des touristes. Un restaurant dans le Jardin des plantes, des sanitaires propres, etc. : cela n'a rien d'anodin. Il faut continuer sur cette voie.

Votre travail embellit la ville sans que cela se remarque toujours... Est-ce parfois frustrant ?

Jamais ! Notre métier est assez reconnu. Nous sommes régulièrement encouragés par le public... W

Recueilli par Antoine Gazeau