Les quotas à la rescousse des facs bondées

Guillaume Frouin

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La fac de sport pourraitégalement voir ses effectifs plafonnés en première année.
La fac de sport pourraitégalement voir ses effectifs plafonnés en première année. — J.-S. EVRARD / 20 MINUTES

Les nouveaux inscrits poussent à la porte. L'université de Nantes pourrait plafonner pour la première fois le nombre de ses étudiants en première année de médecine, a annoncé hier son président Yves Lecointe. Cette « capacité d'accueil » maximale va être reconduite en fac de psycho, où elle est en vigueur depuis trois ans. Et pourrait revenir en Staps, où elle avait été levée l'année dernière. Une décision qui survient alors que le nombre de primo-arrivants à l'université est en forte progression (+ 13 %) par rapport à 2008. « En psycho, le bilan a été très concluant, justifie Yves Lecointe. Nous avons divisé par trois le nombre d'étudiants qui ne se présentaient pas aux premiers partiels. Et les résultats sont meilleurs. »

La capacité d'accueil a en effet le mérite de « faire réfléchir les lycéens les moins motivés ». « Certains ont une idée erronée des filières, et déchantent assez vite », poursuit le président de l'université de Nantes. Résultat : en archéologie et histoire de l'art, les taux de décrochage sont « extrêmement forts ». Depuis un an, des « fiches-profil » sont pourtant rédigées pour chaque filière, pour éviter en amont les erreurs d'orientation.

Reste que la mise en place de quotas est à manier avec précaution. En fac de sport, une capacité maximale d'accueil de 250 étudiants avait été instaurée après que 600 étudiants se sont inscrits en 2003. Mais elle a encore des répercussions aujourd'hui.

« En licence 3, nos effectifs sont trop faibles pour maintenir toutes les options », relate Bruno Papin, directeur de l'UFR de Staps. « Il faut aussi analyser finement la hausse des effectifs. S'il s'agit d'un phénomène national, il faudra effectivement apporter une réponse. Mais si seule Nantes progresse, au détriment de Rennes ou du Mans, alors il faut peut-être y voir une reconnaissance locale de notre offre pédagogique. » W