Le tribunal offre un sursis à Nantes 7

Frédéric Brenon et Guillaume Frouin

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Nantes 7, qui a déposé son bilan mi-août, échappe à la liquidation judiciaire.
Nantes 7, qui a déposé son bilan mi-août, échappe à la liquidation judiciaire. — J.-S. EVRARD / 20 MINUTES

Ils s'étaient donné rendez-vous à 9 h devant le tribunal de commerce, pancartes et banderoles à la main. « Inquiets », mais « réconfortés » par le soutien à leurs côtés d'environ 200 personnes, les trente-deux salariés de Nantes 7 n'auront finalement attendu qu'une heure avant de connaître le sort provisoire réservé à leur chaîne : redressement judiciaire pour une période de six mois maximum. La télévision locale, qui avait déposé son bilan mi-août, va donc poursuivre quelque temps son activité. Celle-ci sera encadrée par un administrateur judiciaire dont la mission sera également d'étudier les propositions de reprise.

« C'est une satisfaction, ça veut dire que notre aventure ne s'arrêtera pas du jour au lendemain », positive Laure Bezault, rédactrice en chef. « Les recettes de publicité et de partenariat devraient nous permettre de diffuser nos programmes pendant encore au moins un mois, explique Julien Herpin, rédacteur en chef adjoint. Pour le reste, c'est très flou. On ne sait pas qui va nous reprendre, pour quel projet, avec quel effectif... » « Des candidats sérieux sont intéressés, indique Antoine de Tarlé, président de Nantes 7. On a bon espoir qu'une offre aboutisse ces prochaines semaines. »

En fait, deux repreneurs se seraient déjà positionnés : la chaîne musicale Télé Mélody et, surtout, la chaîne associative Télénantes, qui partage depuis décembre 2004 son canal hertzien avec Nantes 7.

L'offre de Télénantes serait portée par les collectivités locales, lesquelles financent déjà cette chaîne à 80 %. Une proposition d'achat, pour 1 euros symbolique, avait d'ailleurs déjà été transmise en juillet. « On travaille toujours sur ce dossier, affirme la présidente de Télénantes. On souhaite qu'il continue à y avoir une vraie télévision locale sur ce territoire. »

Du côté de Nantes 7, on reconnaît qu'une fusion des deux télévisions serait une « issue logique ». Mais le volet emploi monopolise les inquiétudes. « La dernière offre de Télénantes prévoyait de se séparer de plus de la moitié d'entre nous, c'était insultant, rapporte une salariée. On se battra pour que nous ne soyons pas bradés. » W