Les opposants à l'aéroport ne décollent pas

Frédéric Brenon

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Les détracteurs de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, hier devant le conseil général.
Les détracteurs de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, hier devant le conseil général. — J.-S. EVRARD / 20 MINUTES

« Messieurs les élus, réfléchissez encore », « Citoyens, ils jouent avec votre argent ». Les pancartes en bois n'ont pas changé, les slogans non plus. Après deux mois de « pause estivale », les opposants au futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont repris hier leurs relais devant le siège du conseil général, en centre-ville de Nantes. « On sera là tous les jours, de 8 h à 18 h, quelle que soit la météo. L'objectif est de sensibiliser la population tout en exercant une pression permanente sur les élus », explique Jacques Durand, cofondateur de cette action perpétuée par près de 300 militants. Avant l'été, ils avaient tenu huit mois et demi. Cette fois, ils ne partiront qu'une fois « le projet abandonné ».

Sur le trottoir, les anonymes étaient accompagnés hier d'une dizaine d'élus, parmi les 320 officiellement opposés à l'aéroport. Encartés Verts, Alternatifs, Parti de gauche, PCF ou MoDem, ils veulent convaincre leurs collègues du « non-sens de conduire, après le Grenelle de l'environnement, un projet aussi inutile et coûteux ». Pour cela, ils vont multiplier les débats. « On le voit autour de nous, de plus en plus de gens s'interrogent. L'opinion est en train de basculer », est persuadé Didier Quéraud, adjoint au maire de Rezé. « Malgré les apparences, le combat n'est pas perdu. Le montage financier est par exemple loin d'être prêt », assure Jean-Jacques Kogan, adjoint au maire de Sucé-sur-Erdre.

De l'autre côté de la route, il y en a un que tout cela fait moins sourire. Le président du conseil général, Patrick Mareschal, ne comprend pas pourquoi « le département est le seul visé alors que le maître d'ouvrage est l'Etat ». Considéré « comme un partisan emblématique du projet » par les opposants, il aimerait que ces derniers soient plus « intransigeants » contre les dérives violentes observées lors de certaines manifestations.

« Le dialogue doit rester serein. Il faudrait aussi qu'ils finissent par admettre que les décisions ont été prises par une majorité d'élus. Pour moi, la question est tranchée. Ils peuvent continuer à protester, mais ça n'aura pas d'influence sur notre volonté. » W