La surpopulation en ligne de mire

Antoine Gazeau

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La maison d'arrêt va bientôt fermer.
La maison d'arrêt va bientôt fermer. — J.-S. EVRARD / 20MINUTES

Les premiers « référés constats » ont été formulés vendredi. « Onze détenus m'ont chargé de les déposer devant le tribunal administratif », explique Anne Bouillon, avocate au barreau de Nantes. Le but : dénoncer leurs conditions d'incarcération et rappeler que « la loi française impose l'encellulement individuel. » Elle et plusieurs de ses confrères répéteront le processus chaque vendredi.

Construite en 1865, la maison d'arrêt de Nantes compte 219 places pour 109 cellules : « On y dénombre 423 détenus au 26 juin, soit un taux d'occupation de 145 %, continue Me Bouillon. Les détenus s'entassent à sept ou huit dans des cellules de quelques mètres carrés, dorment au sol sur des matelas, sans aération, sans lumière du jour, dans une tabagisme subi... » Elle évoque une « machine à broyer », un « enfer carcéral ». Elle se réjouit qu'une nouvelle maison d'arrêt de 500 places ouvre en 2012, « mais il faut d'autres réponses ». L'initiative des avocats nantais est en fait nationale. « On convainc les détenus de déposer leurs recours. Après des années de passivité, c'est un mouvement collectif qui est entamé, précise Me Franck Boezec. Les détenus en exécution de peine ne comprennent pas le discours de resocialisation qu'on leur sert : il y a contradiction ! » W