Un train pas comme les autres sur les rails

Hélène Bielak

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« C'est un retour aux sources. » René, 57 ans, a les yeux

qui brillent

en regardant la machine. Comme lui, des dizaines d'autres passagers attendent sur le quai n° 6 de la gare de Nantes en ce dimanche matin. Dans la foule, beaucoup de cheveux blancs, mais aussi quelques petites têtes blondes, accompagnées de leurs parents. Tous sont réunis pour monter à bord d'un train tiré par une locomotive à vapeur de 1947, remise en service par l'association Loco Vapeur R1199. A 9 h 30 pile, un coup de sifflet retentit : le départ est donné.

A bord, c'est une autre époque : des fauteuils en moleskine marron ont remplacé les sièges colorés des actuels TER et TGV. « Les voitures datent des années 1960 », précise Jean-Pierre Brandy, membre de Loco Vapeur.

Dans les rangs clairsemés du compartiment n° 3, on trouve beaucoup d'anciens cheminots, mais aussi des passionnés du monde ferroviaire. « C'est un voyage entre grands enfants », s'amuse Geneviève, 46 ans. Aux fenêtres, nombreux sont ceux qui prennent des photos, filment le train ou regardent simplement le paysage défiler. Parmi eux, Jean, 77 ans, ancien cheminot, commente l'avancée du train, un magnétophone à la main. « C'est pour faire écouter à mes amis. », rigole-t-il. L'atmosphère est détendue et chaleureuse. « Il y a un vrai esprit de famille », conviennent Jacqueline et Marc, retraités.

Avertis par son sifflet, petits et grands courent le long de la voie de chemin de fer, sur le trajet, pour voir la loco à vapeur. D'autres saluent les voyageurs depuis leurs jardins, terrasses ou vérandas. Finalement, à 11 h 23 précises, le train pointe le bout de son nez en gare de Pornic, là où il viendra récupérer ses passagers le soir-même à 19 h 33. Après une journée plage pour la plupart d'entre eux. W