Nantes : Mais comment fonctionne cette boutique où l’on troque ses objets ?

ECHANGE Située sur l’île de Nantes, La Trocquerie fonctionne exclusivement grâce aux échanges

Julie Urbach
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Agathe Violain a ouvert la Trocquerie sur l'île de Nantes
Agathe Violain a ouvert la Trocquerie sur l'île de Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • La Trocquerie, nouvelle boutique faisant la part belle à la seconde main, vient d’ouvrir ses portes.
  • Ici, on peut ramener ses objets dont on ne se sert plus, et les échanger contre d’autres, grâce à un étonnant système d’abonnement et de gommettes.

On connaissait les ressourceries, les friperies, les dépôts-ventes ou encore les prêts entre voisins… A Nantes, une nouvelle boutique faisant la part belle à la seconde main vient d’ouvrir ses portes. Sur l’île de Nantes, rue de la petite Biesse, ce drôle de magasin agencé comme un petit appartement, ouvert depuis une semaine à peine, fonctionne exclusivement grâce aux échanges. « Avec le troc, on fait durer la vie des objets, sans surconsommer et en se faisant quand même plaisir, estime Agathe Violain, 30 ans, qui a quitté son job dans la communication il y a un an pour se lancer dans ce projet. Tu as terminé ton livre ? Amène-le et prends-en un autre. Tu peux aussi repartir avec un mug, si c’est ce dont tu as envie ou besoin en ce moment. »

Quand on pénètre à La Trocquerie, qui n’aurait pas d’équivalent en France, il faut mettre de côté toutes ses habitudes. Déjà, ne dites pas « client » mais « abonné » ou « utilisateur ». Car s’il n’y a pas d’échange de monnaie, il faut tout de même payer un forfait au préalable (de 12 euros pour cinq objets à échanger en une fois à 144 euros pour un an en illimité), comme l’auraient déjà fait une cinquantaine de personnes depuis l’ouverture. Ensuite, ne cherchez pas d’étiquette de prix mais des petites pastilles, de quatre couleurs différentes. C’est le système qu’a choisi Agathe Violain pour indiquer quels articles peuvent être échangés entre eux, en fonction de leurs intérêt, qualité ou rareté. « Dans les gommettes bleues, on a les livres, la vaisselle, les petits articles papeterie ou mercerie, détaille la gérante. Le rose, c’est pour les jeux, la déco, quasiment tous les vêtements pour enfant. Je ne fais pas de différence entre les marques. »

Se détacher de la valeur marchande et sentimentale

Plus rares, les gommettes violettes et vertes sont apposées sur des objets plus singuliers ou carrément vintage. Mais ici, l’objectif est en fait de se détacher de la valeur marchande des objets, tout comme de l’attachement sentimental que l’on peut avoir pour ses affaires. « C’est dur de se séparer des choses, lance une maman à son fils, venus proposer un vélo devenu trop petit. Au moins, si tu peux repartir avec des jeux, tu auras une bonne raison pour le faire ! » Selon Agathe Violain, déjà plus de 500 objets ont été déposés en une semaine, et 280 sont sortis. A tel point que la boutique n’a déjà plus du tout la même tête qu’à son ouverture.

« C’est génial car le stock évolue en permanence, se réjouit la gérante. Grâce aux ados du quartier qui viennent, je commence à avoir quelques mangas. Je vais aussi bientôt rentrer de la grande taille sur les vêtements. Il va tout de même falloir que je régule bien mon stock, histoire de ne pas me faire déborder. Mais je suis contente : les gens ont compris que s’ils veulent des trucs cool ici, ils doivent m’apporter des trucs cool. »

En plus d’une zone de dons, à l’entrée du magasin, Agathe espère aussi bientôt proposer des objets à la location, « comme des appareils à raclette ou une boule à facettes, qu’on n’est pas obligés de posséder à l’année », estime la jeune femme. En ce moment, ce sont les jeux de plage et petites chaussures pour enfants qui sont très demandées. Pour la rentrée, on pourra trouver à La Trocquerie une offre de fournitures scolaires.