Loire-Atlantique : Comment Farid Lounas a mis Nantes sur la carte du football de table

ROULETTES A partir de ce mardi et jusqu’à dimanche, la H Arena à Nantes accueille la Coupe du Monde de football de table. Le Nantais Farid Lounas est au cœur de l’organisation de cet événement

David Phelippeau
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Farid Lounas consacre une partie de sa vie au baby-foot.
Farid Lounas consacre une partie de sa vie au baby-foot. — David Phelippeau/20 Minutes
  • A partir de ce mardi et jusqu’à dimanche, à la H Arena, Nantes accueille la Coupe du monde de baby-foot.
  • C’est la septième fois qu’une telle compétition internationale se déroule à Nantes.
  • Le Nantais Farid Lounas, président de la Fédération internationale, est l’organisateur de cet événement.

Depuis plus de vingt ans, il est le référent et le plus grand défenseur du football de table, plus communément appelé baby-foot, en France. Farid Lounas mange, dort, vit pour les roulettes, reprises ou pissettes. Et il a contribué depuis une double décennie à faire de Nantes, la place forte du baby-foot au niveau national.

A partir de ce mardi et jusqu’au 3 juillet, ce Nantais de 50 ans (bientôt), actuel président de la Fédération internationale de baby-foot (ITSF), soutenu par la ville de Nantes, organise la Coupe du monde de football de table à la H Arena. C’est la septième fois que la cité des ducs accueille une telle compétition, depuis la création en 2002 par Farid Lounas de l’ITSF, dont le siège est à Nantes. Comment ce gérant d’une société nantaise (Capricci), qui s’occupe de la production, de la distribution, de magazines et de festivals autour du cinéma, en est-il venu à une telle « addiction » pour le baby ? Début des années 1990, le lycéen est à Guist’hau. Pendant les récréations, ça tourne pas mal, ça frime autour du baby. « J’ai découvert à ce moment-là cette activité… » Lui, le (très) bon karatéka apprécie « l’exigence forte, la progression possible, la rigueur » de la discipline. « J’ai alors fait le choix du baby plutôt que le karaté pour en faire plusieurs heures par jour. » Il s’inscrit dans un club à Nantes puis crée le sien… à 21 ans : le Nantes atlantique baby-foot (Nantes baby-foot maintenant).

La France ne reconnaît pas le baby comme un sport

Les premiers tournois se multiplient très vite sur les bords de l’Erdre. En 1992-1993, naissance des « 24 heures du baby », un des plus gros tournois français. En 1998, année de la Coupe du monde de foot, une grosse compétition internationale s’invite encore à Nantes. En 2000, Farid Lounas enfile ensuite la casquette de président de la Fédération française (jusqu’en 2012). Deux ans plus tard, le voilà à la tête de l’instance internationale. Il prend son bâton de pèlerin et fait le tour du monde – « 180 jours par an sur mes propres deniers » – pour « convaincre et unifier les règles du baby entre les pays ». Certains coups autorisés en France (râteau) deviennent interdits au niveau international. « On est partis de rien, 65 pays font partie de la Fédé désormais », se réjouit le Nantais.

Un de ses combats depuis tant d’années ? Faire reconnaître en France le baby – associé le plus souvent aux bistrots – en tant que sport. L’actuel président de la Fédé internationale prend râteaux sur râteaux. « En Somalie, en Arménie, en Iran, en Chine, en Italie ou en Suisse, c’est reconnu, mais pas chez nous, notamment pour des raisons économiques [le Ministère des sports limite le nombre de Fédérations sportives], alors qu’on est à l’origine de beaucoup de choses, regrette Farid Lounas. Le billard est un sport, le tir au pistolet à 10 m aussi, mais pas le baby. » Le Nantais plaide avec conviction la cause de cette discipline depuis de nombreuses années : « C’est un outil extraordinaire intergénérationnel de lien social et de mixité. Les instances françaises n’ont pas compris l’intérêt social et sociétal de cette activité. » En France, 500.000 personnes joueraient pourtant de manière régulière au football de table.

En attendant, ce mardi, 45 pays seront représentés à la H Arena avec 1.000 joueurs qualifiés, de la catégorie U13 aux plus de 63 ans. 10.000 matchs se joueront pendant six jours sur 200 babys. Entre 3 et 10 millions de téléspectateurs sont attendus sur Twitch pour suivre l’épreuve nantaise, commentée en français, anglais et allemand. Parallèlement, la Fédération internationale a lancé l’opération « 100 baby pour les écoles » avec pour objectif d’équiper gratuitement les établissements scolaires (écoles, collèges et lycées) de la région, grâce à des mécènes (entreprises).

Tarifs : de 2 à 8 euros en semaine, jusqu’à 10 euros le week-end, Pass famille à 15 euros.