un quinqua nantais modèle

Guillaume Frouin Photos : JEAN-Sébastien EVRARD

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Peut-être le début d'une nouvelle vie. A 51 ans, Pierre Ackel dispute

aujourd'hui la finale du Grand Prix Mannequins du magazine Notre Temps, qui se tient à l'Institut du monde arabe, à Paris. Un concours pas comme les autres, puisqu'il met à l'honneur « boomers » (50-64 ans) et « seniors » (65 ans et plus).

Pour Pierre, tout a commencé dans la salle d'attente d'un cabinet médical, en octobre dernier. Ce commercial en vins de Bourgogne, qui habite près du pont de Cheviré, y feuillette le mensuel pour retraités, dans lequel un appel à candidats vient d'être lancé pour le concours de mannequins. Plutôt bien foutu (1,83 m ; 73 kg), le quinquagénaire aux yeux verts et tempes grisonnantes tente alors sa chance. Bingo : sa candidature, retenue parmi 2 050 autres, cartonne le 26 mars en demi-finales du Grand Prix, qui se tiennent au Salon des seniors, porte de Versailles (Paris 15e).

Un succès qui autorise aujourd'hui tous les espoirs. Surtout qu'entre-temps, Pierre a perdu son boulot. « D'un côté, heureusement que j'ai été licencié, car ma boîte ne m'aurait jamais donné autant de jours pour faire tout ça », positive le commercial, qui peut gagner en finale un contrat avec une agence de mannequins spécialisée, un book et un voyage de quinze jours sur la Côte d'Azur. Mais la victoire n'est pas son but ultime. « L'essentiel est de se faire remarquer. Le concours, c'est comme à la Star Ac' : les gagnants ne sont pas forcément ceux qu'on retient. » A 51 ans, l'homme réalise aussi un rêve de jeunesse. Conscient de ses charmes dès l'âge de 16 ans, Pierre avait pourtant renoncé à se lancer dans une carrière artistique. Garçon de café, puis restaurateur, il y avait finalement brièvement goûté entre 2000 et 2002. Ses photos, shootées par une agence de mannequins rennaise, avaient servi aux prospectus publicitaires d'enseignes de restauration collective et de camping-cars.

Aujourd'hui, le quinqua ne se drape pas de fausse pudeur. « Il faut se servir des atouts que la nature vous donne, estime Pierre. Quand vous travaillez dans la restauration, vous repérez tout de suite les gens qui ne viennent que pour vous. » Surtout que le marché des seniors, de plus en plus nombreux, s'avère porteur. Et juteux, comme un grain de raisin. « Dans le vin, heureusement qu'on a les seniors, remarque d'ailleurs l'intéressé. Ce sont d'abord eux qui achètent. » W