Nantes : Le grand héron mécanique, pièce phare du futur Arbre, a pris son envol

MACHINE A Nantes, l'oiseau mécanique a réalisé son premier vol ce mardi avant de rejoindre l'Arbre aux Hérons, en 2027

Julie Urbach
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A Nantes, découvrez le Grand Héron du futur Arbre — 20 Minutes
  • Le grand héron a déployé ses ailes pour la première fois ce mardi matin.
  • Un premier test réussi pour cette pièce maîtresse du futur Arbre aux Hérons.

Il était déjà visible en pièces détachées sur le parvis des Machines depuis quelques mois. Ce mardi midi, à Nantes, le grand héron du projet d’Arbre du même nom a enfin déplié ses ailes, pour un premier vol spectaculaire, sous le regard bienveillant de l’Eléphant. L’oiseau mécanique a d’abord ouvert ses yeux, son bec aussi, avant de s’élancer pour quelques minutes dans les airs, de façon très gracieuse malgré sa trentaine de tonnes. Un premier test réussi, se félicitent les deux créateurs de la compagnie La Machine, qui parlent d’un moment « très important ».

« Ce héron, c’est une grande histoire technique, rapporte François Delarozière, évidemment présent pour l’événement, avec Pierre Oréfice. L’objet n’est pas si grand, ce qui a rendu les choses compliquées pour qu’il soit aussi mobile. Il nous fallait aussi qu’il soit résistant aux intempéries, car il sera à la cime de l’arbre et culminera jusqu’à 45 mètres de haut. » En plus du bois et du métal, c’est de la fibre de carbone qui a été choisie pour réaliser ses impressionnantes ailes tressées, de 16 mètres d’envergure. Une technique imaginée spécialement pour l’oiseau, inspirée de l’aéronautique.

« Objet absolument unique »

Le projet d’Arbre aux Hérons, qui doit sortir de terre d’ici à 2027 dans la carrière Misery pour un budget de 52 millions d'euros, prévoit qu’une vingtaine de passagers pourront s’installer dans ses nacelles, réalisées en osier. Mais avant ça, il va falloir continuer les tests sur le volatile et poursuivre la construction des autres éléments de la structure. Après plusieurs versions du projet, on a appris ce midi qu’il n’y aura finalement pas d’autre héron à fabriquer : celui-ci effectuera des tours circulaires tandis que le deuxième sera en fait l’oiseau déjà visible dans la galerie, a expliqué François Delarozière. Il sera positionné à ses côtés mais n’embarquera pas de public.

Autre élément et non des moindres, il faut aussi que Nantes métropole adopte définitivement la commande publique de l’œuvre, vote décisif pourtant repoussé depuis six mois déjà. Et pas sûr, encore une fois, qu’il soit à l’ordre du jour du conseil du mois de juin, en raison des doutes juridiques qui perdurent, et des discussions qui s’éternisent avec la préfecture. « Il y a encore quelques questions juridiques et contractuelles avant de se lancer dans la construction de cet objet absolument unique », s’est réjoui François Delarozière. « Est-ce qu’on veut arrêter toute ouverture, tout voyage ?, s’est-il interrogé, répondant aux polémiques autour de la construction de l’arbre. Moi j’ai envie d’une ville vivante. »