La terre et le Ciel de Loire vus depuis une montgolfière

Frédéric Brenon
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« Ce qui étonne d'emblée, c'est le calme, la douceur. On a l'impression

de glisser

sur l'air. Et puis, le paysage est éblouissant, on ne voit pas le temps passer. » Catherine et Joseph ne vont pas regretter leur dernier cadeau d'anniversaire. Les pieds dans l'herbe, les joues rougies par l'émotion, ils contemplent, sourire aux lèvres, la montgolfière qui les a transportés jusqu'à 300 m de haut, et qui est maintenant en train de s'affaisser. L'atterrissage, au beau milieu d'un champ situé à 15 km du départ, aura été « un peu agité », mais le survol privilégié de la Loire durant quatre-vingt dix minutes restera pour eux « inoubliable ».

L'association Ciel de Loire est la seule dans l'agglo nantaise à proposer ce type d'expérience. Installée à Vertou depuis 2001, elle permet aux particuliers ou aux entreprises d'effectuer des voyages découverte* au moyen de ce drôle d'engin gonflé à l'air chaud, inventé il y a plus de 220 ans. L'association en possède sept, dont deux modèles de 3 000 m3 qu'elle réserve au grand public.

Les vols s'effectuent depuis Oudon, Ancenis ou le Cellier, histoire de longer la vallée de la Loire à distance raisonnable du centre urbain. Première originalité : la date du décollage est fixée au dernier moment. « Elle est fonction des conditions météo. Pluie, orage et vents forts sont nos ennemis. On décolle surtout en fin d'après-midi ou après le lever du soleil, quand l'air est calme », explique Philippe Lusley, coprésident de l'association.

Autre caractéristique : la destination n'est pas connue à l'avance. « Dans une montgolfière, on monte et on descend, mais on ne se dirige pas. On va là où le vent nous porte. » Au sol, une voiture est chargée de suivre en direct la progression du ballon, puis de ramener passagers et matériel. « C'est toujours un jeu de piste, explique Marc, suiveur de montgolfière à ses heures. Même si on a l'habitude, son parcours est difficile à anticiper. » L'atterrissage est la phase la plus délicate. « Il faut trouver un terrain bien dégagé, non cultivé, sans animaux et sans fil électrique. Après, il faut ralentir juste comme il faut au bon moment. Ça tape un peu parfois, mais on n'est pas là pour faire peur aux gens », commente Nicolas Lefranc, l'autre fondateur de Ciel de Loire. « Le plaisir de la montgolfière, c'est la rencontre et la découverte, insiste Philippe Lusley. J'ai volé des centaines de fois dans la région, mais je découvre encore des choses que je n'avais pas vues. » W

* 220 euros par passager, sur réservation.