Des sans-papiers hyper en colère

Guillaume Frouin

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Ils n'ont même plus peur de se montrer. Pour eux, c'est une simple question

de dignité. Parmi la poignée de travailleurs sans papiers qui manifestaient, hier, au Leclerc Paridis, deux agents de sécurité de l'hyper étaient en grève pour réclamer leur régularisation. Employés d'un sous-traitant basé à Orvault, les deux hommes cotisent pourtant à la Sécurité sociale, sans pouvoir bénéficier de leurs droits (congés payés, arrêts maladie, etc.).

Dans la galerie marchande, les deux vigiles ont livré le récit de leur vie d'hommes corvéables à merci. « Chez mon ancien employeur, je me suis fait arrêter au volant de la voiture de société, dont le contrôle technique était périmé, raconte Alseny, un Guinéen de 22 ans dont la condition de sans-papiers le met au ban de sa propre communauté. Le patron m'a alors obligé à payer moi-même l'amende de 90 euros. C'était la contrepartie de son aide pour avoir un titre de séjour. » Surtout, lui et son collègue tirent les conditions de travail de toute une profession vers le bas. « C'est une forme de délocalisation sur place, puisqu'ils travaillent en France avec des conditions du tiers-monde », résume la CGT.

En fin de matinée, les deux hommes ont été reçus par leur employeur et la direction de l'hypermarché. Leur dossier a été rassemblé, prêt à être tamponné par la préfecture. W