Sur le Web, cette entreprise nantaise revend les vêtements pour enfants en seconde main, et ça cartonne

SUCCESS STORY Implantée près de Nantes, l’entreprise Il était plusieurs fois vend des vêtements pour enfants en seconde main. Une seconde main de qualité, dont la vente explose sur Internet

Pierre-Alexandre Aubry
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Aude Viaud est la dirigeante d'Il était plusieurs fois.
Aude Viaud est la dirigeante d'Il était plusieurs fois. — P-A.Aubry/20 Minutes
  • Depuis 2016, l’entreprise Il était plusieurs fois gère un e-shop de vêtements de seconde main pour enfants.
  • Le principe : elle rachète des vêtements pour enfants d’occasion, mais comme neuf, qu’elle revend sur Internet, jusqu’à – 80 % du prix neuf.
  • Son activité a considérablement augmenté depuis la crise sanitaire, et l’entreprise vient de réaliser une levée de fonds importante.

A Carquefou, près de Nantes, l’atelier de l’entreprise Il était plusieurs fois est en ébullition. Dans ce grand bâtiment de 2.000 m² qui abrite la société depuis quelques mois, les vêtements pour enfants sont sortis des colis avant d’être scrutés par les salariées, puis photographiés et stockés. Un immense stock de vêtements, qui seront très rapidement mis en ligne sur l’e-shop de seconde main Il était plusieurs fois, pour être revendus ensuite.

Car tous ces vêtements pour enfants de 0 à 16 ans vont retrouver preneur très rapidement. « Mais on n’est pas une friperie », tient à préciser Aude Viaud, dirigeante d’Il était plusieurs fois, créé fin 2016, et qui explose depuis. « A l’époque, il y avait des plateformes comme Le Bon Coin, aujourd’hui il y a aussi Vinted. Mais on ne se retrouvait pas dans ces offres qui étaient de la friperie, alors qu’on recherchait vraiment de la qualité. » Car avant d’être mis en vente sur Internet, les vêtements sont tous examinés par l’une des 36 employées de l’entreprise de Loire-Atlantique. Ces habits doivent être comme neufs.

Il était plusieurs fois
Il était plusieurs fois - P-A.Aubry/20 Minutes

« On a multiplié notre chiffre d’affaires par quatre »

« C’est de la seconde main, mais de la seconde main impeccable », souligne Aude Viaud. Pour l’acheteur, c’est donc l’assurance de trouver des produits de qualité, qui sont vérifiés un par un. Parmi tous ces produits que récupère Il était plusieurs fois, 30 % ne sont pas mis en ligne en raison de leur état jugé trop mauvais. Ils sont alors renvoyés à une association partenaire, au recyclage ou au vendeur lui-même. « En moyenne, un particulier nous envoie une trentaine de pièces. Ça va vite avec les enfants ! ». Les vêtements sont ensuite revendus entre – 50 et – 80 % du prix neuf. Les trois quarts de ces produits sont vendus « en moins de 10 jours. »

L’entreprise Il était plusieurs fois connaît ainsi une croissance phénoménale. Aujourd’hui, l’entreprise reçoit près de 2.000 articles par jour ! En un an, l’entreprise de vêtements de seconde main est passée de 12 à 36 salariés. En 2021, plus de 250.000 articles se sont vendus par l’intermédiaire d’Il était plusieurs fois. « On a multiplié notre chiffre d’affaires par quatre entre 2020 et 2021. Je pense qu’il y a une prise de conscience écologique globale. Et puis, il y a le Web, les magasins étaient fermés durant la crise sanitaire… Les gens ont peut-être été un peu plus chez eux, ont envie de faire du tri… Ça a été un effet boule de neige. Il y a eu un avant et un après Covid pour nous. On a franchi un gros palier à ce moment-là », analyse la dirigeante ligérienne.

Il était plusieurs fois
Il était plusieurs fois - P-A.Aubry/20 Minutes

Objectif : un million d’articles vendus

Autre preuve de son dynamisme, la société vient de réaliser une levée de fonds de quatre millions d’euros. « Le but, c’est que notre logistique qui fonctionne pour 2.000 produits, puisse fonctionner pour 10.000. Aujourd’hui, on met trois minutes entre la réception du colis et sa mise en stock. C’est très rapide mais il faut encore qu’on accélère. » Pour cela, l’entreprise va multiplier ses lignes de production.

Avec l’ouverture d’un magasin test à Nantes, aux Galeries Lafayette, depuis quelques semaines, Il était plusieurs fois entend se montrer en dehors de la sphère Internet. Aude Viaud pense à des tests pour l’ouverture de boutiques ailleurs en France, avec des magasins éphémères par exemple. Un projet en ligne de mire, tout comme celui d’une future application. Les projets sont très nombreux pour l’entreprise de Loire-Atlantique, qui connaît une croissance fulgurante. Objectif : un million d’articles vendus en 2023. La seconde main a de l’avenir.

Des ambassadrices pour trier dans vos placards

Pour augmenter le nombre de ses produits en ligne, Il était plusieurs fois passe également par un réseau d’ambassadrices. Rémunérées à al collecte et installés un peu partout en France, elles proposent de venir faire le tri dans vos placards et sélectionner avec vous les vêtements à vendre. « Nous avions neuf ambassadrices en décembre dernier. Aujourd’hui, elles sont 20. C’est un service qui marche très bien et qui est demandé par les parents ». Aude Viaud souhaite développer ce service et compter « entre 40 et 50 » ambassadrices d’ici la fin de l’année.

Un service qui humanise aussi le lien entre l’entreprise et le vendeur. « C’est un contact en plus. Car quand on confie les vêtements de ses enfants, il y a de l’affect. Ce sont beaucoup de souvenirs et il y a un échange qui se produit avec nos ambassadrices à ce moment-là. »