Nantes : Une affiche représentant une femme voilée sur un panneau de la ville provoque les critiques

LAICITE Une affiche, retirée depuis, suscite l’émoi sur les réseaux sociaux. La mairie de Nantes parle d'« une erreur interne »

Julie Urbach
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L'affiche, aperçue sur un panneau de la ville de Nantes, a fait polémique
L'affiche, aperçue sur un panneau de la ville de Nantes, a fait polémique — Capture d'écran Twitter Laurence Garnier
  • La photo d'une femme voilée est apparue sur un panneau de la ville de Nantes, suscitant la polémique chez les élus de droite et sur les réseaux sociaux.
  • La mairie socialiste, qui a depuis retiré l'affiche, parle d'une «erreur interne».

« La ville de Nantes met en avant une femme voilée, puis retire l’affiche en catastrophe. Promouvoir le voile est une faute politique, une atteinte à la laïcité. » Le tweet de  Laurence Garnier, cheffe de file de l’opposition (LR) nantaise a mis le feu aux poudres ce jeudi sur les réseaux sociaux, autour d’un sujet qui agite déjà la campagne présidentielle. Toute la journée, des messages ont épinglé la municipalité socialiste, lui demandant notamment de s’expliquer sur cette affiche, collée sur un panneau de la ville de Nantes, relayée des milliers de fois.


On y voit le visage d’une femme voilée aux côtés du logo de la ville. « Choisir une femme voilée, symbole de soumission, pour le mois de la femme, voilà où l’on en est à Nantes », s’est ému le conseiller municipal LR Foulques Chombart de Lauwe. Une polémique qui fait écho à celle suscitée il y a quelques mois par une campagne du Conseil de l'Europe.

Une « erreur interne »

Interrogée par 20 Minutes, la mairie de Nantes parle quant à elle d’une « erreur interne, d’ordre technique ». Selon la ville, cette affiche (pourtant imprimée et collée par les services) n’avait rien à faire sur ce panneau, normalement réservé aux projets d’associations subventionnés par la mairie, ce qui n’est pas le cas pour celui-ci. Cet affichage « a été réalisé en dehors des procédures habituelles, il présente d’ailleurs un logo qui ne correspond pas à notre charte visuelle », ajoute la mairie, laquelle précise qu’il ne concernait qu’un seul panneau, depuis recouvert.

« En attendant que l’on comprenne mieux comment cette erreur a pu se produire, nous n’avons pas de leçon à recevoir sur la laïcité, et certainement pas de la part d’élus qui ont soutenu la Manif pour tous, indique Bassem Asseh, premier adjoint à la ville de Nantes. Est-ce qu’une collectivité peut promouvoir un signe religieux ? Evidemment que non », poursuit l’élu qui accuse la droite de « sauter sur le moindre de sujet pour faire feu de tout bois, dans une période électorale où les questions identitaires sont très présentes ».

Organisé l’an dernier dans plusieurs centres commerciaux de l’agglo nantaise, le projet « Visages des Nantaises » est une exposition photo présentant les portraits et parcours de 50 habitantes, dans le cadre de la journée du droit des femmes, en mars. Il ne figure en effet pas dans le  programme des animations soutenues par la ville cette année. « Nous recevons et étudions des centaines de demandes de subventions, et celle-ci n’était pas claire », précise Bassem Asseh.