Nantes : Un nouveau bac, plus grand et à hydrogène, pour franchir la Loire

TRANSPORT Le conseil départemental va investir pour renforcer son service bacs de Loire. Livraison espérée en 2026

Frédéric Brenon
Une liaison bac de Loire, entre Basse-Indre et Indret.
Une liaison bac de Loire, entre Basse-Indre et Indret. — F.Brenon/20Minutes
  • Deux lignes de bacs de Loire franchissent le fleuve quotidiennement dans l’agglomération nantaise.
  • Le département, gestionnaire du service, veut acheter un nouveau bateau plus performant et plus propre pour renforcer sa flotte.

C’est l’un des investissements emblématiques en matière de mobilité du « projet stratégique » 2021-2028 adopté lundi par le conseil départemental de  Loire-Atlantique. Un nouveau navire, plus grand et plus écologique, va venir renforcer la flotte des bacs de Loire, à l’ouest de Nantes. Deux lignes permettent aux piétons, cyclistes et automobilistes de franchir le fleuve : Basse-Indre-Indret et Couëron-Le Pellerin. Elles sont opérées par  deux bateaux récents de 40 places (Le Lola et L’Ile Dumet) et un troisième de 18 places (Anne-de-Bretagne) utilisé uniquement en réserve. Et c’est bien pour remplacer ce dernier que le département prévoit d’investir. « Le navire Anne-de-Bretagne est âgé et d’une faible capacité par rapport à nos besoins. Il fonctionne, en plus, avec une propulsion diesel qui n’est plus adaptée aux enjeux environnementaux », justifie Freddy Hervochon (PS), vice-président du conseil départemental.

D’un coût prévisionnel de 16 millions d’euros, le nouveau bateau disposera d’une capacité de 40 places. Il sera « plus performant » et, surtout, « plus propre » puisque sa motorisation sera électrique et sa propulsion à hydrogène, un gaz ultra léger n’émettant aucun CO2. « Ce sera de l'hydrogène vert extrait à partir du trop-plein des éoliennes », promet Freddy Hervochon. Les habitués des bacs devront toutefois patienter avant d’embarquer. Le lancement du marché de construction est prévu pour le « premier semestre 2023 ». La livraison s’effectuera à l’horizon 2026.

Pas de troisième ligne au programme

En attendant, les bacs de Loire, dont l’accès est gratuit, continue de transporter plus d’un million de voitures par an. « Après une chute de fréquentation importante en 2020 en raison du Covid, on a retrouvé en 2021 un trafic similaire à celui d’avant la crise », se réjouit l’élu. La fréquentation actuelle des passagers (piétons et cyclistes) reste, tout de même, moindre qu’en 2019 (2,3 millions de passagers) compte tenu du « télétravail » et d’un « moindre recours au covoiturage ».

Il n’empêche, à l’heure où un nouveau franchissement de Loire à l’ouest de Nantes n’est plus du tout à l’ordre du jour, les bacs de Loire ont « un vrai avenir » comme alternative au pont de Cheviré. Des habitants souhaiteraient même qu’une nouvelle ligne puisse être envisagée plus en aval, du côté de Paimboeuf-Donges ou de Saint-Brévin-Saint-Nazaire. « Il n’y a pas d’étude du département pour une troisième liaison par bac, assure Freddy Hervochon. La navigation de Loire sur ce secteur est plus compliquée, il faut des cales pour les accostages, il y a aussi des espaces naturels sensibles à préserver… Notre objectif est davantage de conforter les liaisons existantes. »

Depuis la mise en gratuité des bacs de Loire en 2005, la fréquentation du service a plus que doublé. La ligne  Couëron-Le Pellerin étant la plus utilisée. La gestion des bacs coûte environ 4,5 millions d’euros par an.