Nantes : La procédure de dissolution du collectif Nantes Révoltée est lancée, annonce Gérald Darmanin

MANIFESTATIONS Le groupement d'extrême gauche est à nouveau pointé du doigt par la classe politique après les débordements survenus vendredi soir en centre-ville de Nantes

F.B. avec AFP
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Une manifestation à Nantes, en octobre 2021 (illustration)
Une manifestation à Nantes, en octobre 2021 (illustration) — L. Venance/ AFP

Ça n’aura pas traîné. Au lendemain de la demande de dissolution du collectif d’extrême gauche  Nantes Révoltée, exprimée par la présidente de région Christelle Morançais (LR), Gérald Darmanin a annoncé mardi avoir lancé la procédure. Le groupe d’extrême gauche « Nantes révoltée », est mis en cause pour avoir appelé vendredi à une manifestation non déclarée dans la ville « contre l’Etat, contre les policiers ». Manifestation « antifasciste »  ternie par des dégradations matérielles et des affrontements avec les forces de l’ordre.

« J’ai décidé d’engager le contradictoire qui permettrait la dissolution de ce groupement de fait », a indiqué le ministre de l’Intérieur​ à l’Assemblée nationale, en réponse à une question de la députée LREM de Loire-Atlantique Varie Oppelt. « Une fois que les choses seront construites et que nous serons inattaquables, je proposerai au président de la République la dissolution » de « Nantes révoltée », a-t-il poursuivi.



Quinze jours pour se défendre

Le groupe dispose désormais d’une période de quinze jours pour faire valoir ses arguments au gouvernement, à l’issue de laquelle le ministre prendra sa décision. S’il réclame la dissolution, il présentera un décret en ce sens au conseil des ministres.

« Hâte de voir les justifications pour restreindre la liberté d’expression. On nous reproche quoi exactement, ne pas avoir pleuré en cœur (sic) sur les images d’une vitrine brisée ? Relayer des appels à manif ? Sortir une revue qui dénonce la fascisation rapide du pouvoir ? », a tweeté aussitôt Nantes révoltée, qui se présente comme un « média autonome et engagé ».

Dans la matinée, le préfet de Loire-Atlantique Didier Martin avait expliqué qu’une dissolution n’était « pas aussi simple qu’il y paraît, sinon ça aurait pu être fait depuis longtemps ».

Un collectif et un média

Régulièrement présent dans les manifestations du centre-ville de Nantes dons il relaie les appels à manifester, le collectif Nantes Révoltée est également très actif sur les réseaux sociaux, en particulier lorsqu’il s’agit de dénoncer des « violences policières » ou les décisions préfectorales. Il est l'un des tout premiers à avoir alerté sur la disparition de Steve Maia Caniço le soir de la Fête de la musique 2019.

Le groupement, suivi par près de 200.000 personnes sur Facebook, édite aussi des revues imprimées. Le neuvième numéro, qui s’intitule Contre attaque, est d’ailleurs sorti il y a quelques jours. Plusieurs cafés nantais le distribuent.