Nantes : Après la manifestation de vendredi, Christelle Morançais demande la dissolution du collectif Nantes Révoltée

DEGATS La présidente de la région a écrit au ministre de l’Intérieur ce lundi. Elle réclame de « mettre fin » aux agissements de Nantes Révoltée

Frédéric Brenon et Julie Urbach
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Une manifestation contre la loi "Sécurité globale" à Nantes, en novembre 2020
Une manifestation contre la loi "Sécurité globale" à Nantes, en novembre 2020 — S.Salom-Gomis/Sipa
  • La manifestation antifasciste de vendredi soir a été le théâtre de dégradations matérielles dans le centre-ville de Nantes.
  • Excédée par les violences à répétition, la présidente de région (LR) demande à l’Etat de dissoudre Nantes Révoltée.
  • Le collectif d’ultra-gauche est présent dans les manifestations et sur les réseaux sociaux depuis près de dix ans.

Les débordements survenus au cours de la manifestation antifasciste de vendredi soir dans le centre-ville de Nantes continuent  d’agiter la classe politique. La présidente du conseil régional des Pays-de-la-Loire se tourne ce lundi vers le collectif d’extrême gauche  Nantes Révoltée, auquel elle reproche d’être impliqué dans les affrontements avec les forces de l’ordre et les dégradations matérielles à l’encontre de plusieurs commerces. Exaspérée,  Christelle Morançais (LR) a écrit au ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, afin de lui demander de « rétablir l’ordre et mettre fin aux agissements » de Nantes Révoltée et d’engager une procédure en vue de sa dissolution.

« Ce groupement de fait bien connu de vos services légitime les manifestations brutales et les saccages répétés du centre-ville. Présents dans tous les rassemblements qui dégénèrent violemment, ses membres contribuent à faire de Nantes la capitale des violences d’ultra-gauche en France », dénonce Christelle Morançais.

« Le bilan de ces exactions est édifiant, poursuit-elle. Depuis près de dix ans, des centaines de policiers et d’habitants ont été blessés au cours de ces manifestations violentes, les commerçants sont à bout et la facture pour le contribuable comme pour les chefs d’entreprise s’élève à plusieurs dizaines de millions d’euros. Nous ne pouvons plus laisser prospérer cette idéologie anarchiste et haineuse plus longtemps. » Sans surprise, la demande de Christelle Morançais est soutenue ce lundi par plusieurs élus de droite.



Johanna Rolland s’associe-t-elle à cette demande de dissolution ? Interrogée en marge d’une conférence de presse ce lundi, la maire de Nantes (PS) n’a pas répondu clairement. « Le droit de manifester est inaliénable. Mais rien ne justifie jamais les violences, les dégradations », a-t-elle simplement commenté. Une réponse qui ne satisfait pas les élus d'opposition, Laurence Garnier (LR) en tête, lesquels entendent que le sujet soit inscrit au prochain conseil municipal.

Le collectif se pose en « contre-pouvoir » qui « dérange »

Régulièrement présent dans les manifestations dans le centre-ville depuis une demi-douzaine d’années, le collectif Nantes Révoltée est également très actif sur les réseaux sociaux, en particulier lorsqu’il s’agit de dénoncer des « violences policières » ou les décisions préfectorales. Le groupement, suivi par près de 200.000 personnes sur Facebook, est aussi un média qui édite des revues imprimées. Le neuvième numéro, qui s’intitule Contre attaque, est d’ailleurs   sorti il y a quelques jours. Plusieurs cafés nantais le distribuent.

Ce lundi soir, Nantes Révoltée a réagi sur son site Internet. « Nantes Révoltée est un contre-pouvoir important. Il dérange donc profondément les autorités locales. Par exemple notre média révélait dès le lendemain de la fête de la musique les vidéos de la charge qui a tué Steve en 2019. Notre média met en lumière depuis des années les violences d’État passées sous silence, les manœuvres politiques des élu-es, documente les mobilisations, donne un contrepoint à la propagande dominante», déclare le collectif.



« Le pouvoir asphyxie la moindre parcelle qui lui échappe encore, la moindre parole divergente, le moindre contre pouvoir. Il le fait par la matraque, le 49.3 et l’état d’urgence, ajoute le communiqué de Nantes Révoltée. [...] Les heures qui viennent nous diront si le gouvernement Macron est fébrile au point de mettre en scène, en pleine campagne présidentielle, la censure d’un média indépendant local. »