Nantes: « On va droit dans le mur... » Les opposants au nouveau CHU mobilisés durant deux jours

SANTE Le Premier ministre Jean Castex est à Nantes ce vendredi midi pour la pose de la première pierre du nouveau CHU sur l'île de Nantes

Frédéric Brenon
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Manifestants boulevard Gustave-Roch, non loin du chantier du CHU sur l'île de Nantes.
Manifestants boulevard Gustave-Roch, non loin du chantier du CHU sur l'île de Nantes. — F.Brenon/20Minutes
  • Le nouveau CHU doit regrouper les hôpitaux Hôtel-Dieu et Laënnec sur l'île de Nantes en 2027.
  • La première pierre du bâtiment est officiellement posée ce vendredi midi par Jean Castex.

Ils ont bravé le froid pour se réunir dès 8h30 boulevard Gustave-Roch, sur l’île de Nantes, à quelques centaines de mètres du terre-plein où le Premier ministre Jean Castex doit poser la première pierre du  nouveau CHU vers 12h30. Une centaine de personnes manifestent depuis ce vendredi matin, à l’appel de plusieurs syndicats, pour dénoncer le projet de nouvel hôpital. « C’est extrêmement important pour nous d’être présents, insiste Patrica, agent hospitalier. Ce nouveau CHU va s’accompagner de fermeture de lits [  environ 65 de moins par rapport à aujourd’hui] alors que la population ne cesse d’augmenter. C’est aberrant. On va droit dans le mur. »

Olivier Terrien, délégué syndical CGT au CHU, ne dit pas autre chose. « Le tout ambulatoire, c’est une illusion. Ce qui sature déjà les hôpitaux aujourd’hui ce n’est pas la bobologie, ce sont les patients en attente d’un lit. La suppression de places en obstétrique et en chirurgie sera particulièrement préjudiciable. On va renvoyer des patients vers le privé où la prise en charge coûtera plus cher. Ce n’est pas l’hôpital public que nous voulons demain. »

Le projet est déjà bien avancé et ne suscite pas, de toute évidence, un grand rejet populaire. Mais Louis, retraité, garde espoir de le voir s’arrêter. « Il ne faut pas désespérer. Même quand les travaux sont démarrés ce n’est jamais définitif. On l’a bien vu avec Notre-Dame-des-Landes. Je pense que s’il y avait eu une consultation, la population se serait exprimée contre le projet. Mais le débat n’a jamais été organisé. »

Boycott et marche funèbre

La mobilisation des opposants se poursuivra samedi. Les élus écologistes, des associations et un collectif de soignants participeront à une « marche funèbre » à 15 heures au départ de la place Graslin. Outre la diminution du nombre de lits et le manque de personnel hospitalier, ils dénoncent un projet jugé trop coûteux (1,2 milliard d’euros), « trop centralisé et peu accessible », « qui ne permettra aucune extension future » et dont le site présente un « risque d’inondation ».

La sénatrice et cheffe de file de l’opposition municipale nantaise, Laurence Garnier (LR), ne défilera pas dans la rue samedi mais a choisi, pour les mêmes raisons, de boycotter la cérémonie entourant la venue du Premier ministre ce vendredi. Quant à la CFDT, elle a décidé de manifester son mécontentement devant le siège de l’agence régionale de santé.

Une pétition réclamant la suspension du projet de nouveau CHU sur l’île de Nantes a réuni près de 3.000 signatures un an après son lancement.