Nantes : L'enseignement du breton va faire son (petit) retour à l'université

LANGUE REGIONALE Dès février, deux heures de cours seront dispensées tous les mardis soir à l’université de Nantes

Julie Urbach
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Illustration d'un cours de breton.
Illustration d'un cours de breton. — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Il sera très bientôt de nouveau possible de s’initier au breton à l’université de Nantes.
  • Un apprentissage demandé depuis des années par les défenseurs de la langue.

Les personnes intéressées ont encore une petite semaine pour s’inscrire. Dix-huit ans après sa disparition, l'enseignement de la langue bretonne va faire son retour à  l'université de Nantes. A partir du mois de février, deux heures de cours seront dispensées tous les mardis soir par un enseignant dont le recrutement est en cours de finalisation. Objectif de ces leçons, qui s’adressent aux débutants (étudiants, personnels, et même personnes non inscrites à l’université) : « Acquérir le vocabulaire de base et des expressions utiles pour communiquer dans la vie courante en breton », indique  le site de l'université.

L’info aurait pu être anodine si elle n’était pas le résultat de plusieurs années de mobilisation. Véritable serpent de mer, la question du retour du breton à la fac était même devenue un « combat » notamment pour les quelque 1.500 signataires d’une  pétition en ligne, parmi lesquels Florian Le Teuff. « C’était une anomalie de ne pas proposer la langue à l’université de la cité des Ducs de Bretagne, alors qu’il est enseigné d’Harvard à Moscou, réagit l’adjoint à la mairie de Nantes en charge des enjeux bretons. Comme  le drapeau sur le fronton de la mairie, c’est une étape de l’ordre du symbole, mais qui compte pour la culture bretonne. Il va falloir désormais structurer l’offre de formation. » En clair, mettre en place un cursus allant de la licence au doctorat, et intégrer le breton dans la formation des enseignants.

« Ne pas s’emballer »

Du côté de l’université, où une trentaine d’étudiants sont attendus pour le lancement des cours du soir, on se montre beaucoup plus prudent. « C’est un module pour expérimenter, indique Arnaud Guével, vice-président à la formation à Nantes Université. Nous avons entendu la mobilisation, maintenant il faut voir si nos cours trouvent leur public et ne pas s’emballer. » Autre argument avancé : la crainte de faire doublon avec l’université « voisine » Rennes 2, qui propose une  formation complète depuis plusieurs années. « Nous ne souhaitons pas entrer en concurrence, et mon métier n’est pas de rentrer dans ce jeu politique, poursuit Arnaud Guével. D’autant que le public accueilli en licence à Rennes n’est pas si massif. »

Selon les défenseurs de la langue régionale, pourtant, la demande ne ferait qu’augmenter avec un apprentissage  qui gagne du terrain dans les écoles nantaises ces dernières années. « Entre l’éducation, les médias, le tourisme, l’édition… On estime que la langue bretonne concernerait 1.600 postes ETP (équivalent temps plein), assure Florian Le Teuff. Le Breton est une langue d’avenir, et une chance dans le monde du travail. »