Les dieux du n'importe quoi

David Prochasson

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Ça ressemble à une farce, en a toute la saveur, mais n'en est pas une. Ce soir et demain, la troupe dijonnaise 26 000 couverts présente bel et bien Le 1er championnat de France de n'importe quoi au gymnase du Vigneau. Au menu de ces Jeux olympiques de l'absurde : des épreuves de Roulidindin en couple, un marathon de la gaufre, de la descente de kayak sur mobilier. Ou encore, pêle mêle, de la défonce d'oreiller, un lancer d'arbitre ou de sapin de Noël. On pense à un croisement entre Jacques Tati, les Monthy Python et Jackass. Du jamais vu.

Dans la veine d'un théâtre de rue à la Royal de Luxe ou dans l'esprit des Machines de François Delarozière - le Nantais a préparé des agrès pour le spectacle -, 26 000 couverts a joué cette pièce une centaine de fois depuis 2003. Sur les gradins, le public assiste à un concours arbitré par un jury et un système de points, de catégories, de sélections complexes. Et forcément, de plus en plus incompréhensibles. Comme dans un stade, les épreuves se déroulent en simultané. Avec en voix off, un super arbitre qui donne des ordres et dicte le déroulé de la compétition. Endives de l'est ou Lunetiers albigeois font partie des incontournables sponsors des concurrents. « On n'est pas dans le canular, prévient Philippe Nicolle, metteur en scène. C'est un spectacle chorégraphié qui détourne le sport. Avec une tension esthétique entre l'univers de la norme et le n'importe quoi qui échappe à l'évaluation, crée le rire et la poésie. » Plus qu'une farce, ces dieux du stade interrogent un monde en proie à la perte de repères : « Y a-t-il des règles du jeu, qui en décide ? Y a-t-il un arbitre dans la salle ? »

Jusqu'à mercredi à 20 h 30 au gymnase du Vigneau à Saint-Herblain. 8 eur. Résas au 02 28 25 25 00.