Commande militaire pour STX

Frédéric Brenon (avec G.Frouin)

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Le ministre de la Défense, Hervé Morin, et celui chargé du plan de Relance, Patrick Devedjian, ont lancé hier à Saint-Nazaire la construction du troisième Bâtiment de projection de commandement (BPC) de la Marine française. Tout à la fois porte-hélicoptères, navire de transport ou encore hôpital embarqué, ce BPC coûte la bagatelle de 400 millions d'euros. Long de 200 m et pouvant embarquer 450 hommes, il sera le plus gros bateau militaire français après le porte-avions Charles-de-Gaulle. La réalisation de la coque a été entièrement confiée à STX, ce qui générera 2,5 millions d'heures de travail jusqu'en 2011 aux chantiers navals nazairiens. « Sans le plan de relance, ce navire n'aurait pas dû voir le jour avant 2020 », affirme Hervé Morin.

« La construction de ce navire était absolument vitale, réagit Jacques Hardelay, directeur de STX. Depuis février, nos ateliers d'usinage et de post-fabrication sont à l'arrêt. Nous sommes parvenus à redéployer 750 employés dans d'autres services, mais cela ne pouvait pas durer éternellement. Cette commande nous donnera un peu de temps pour concrétiser les rares opportunités qui se présenteront dans les secteurs de la croisière, des ferries ou du offshore. »

Du côté des syndicats, l'enthousiasme est plus mesuré. « Un BPC représente une charge de travail équivalente à un demi-paquebot. C'est bien, mais il manque encore beaucoup de commandes pour préserver les emplois », estime la CFDT. « Ce seul BPC ne suffit pas à nous rassurer. En plus, il offre très peu d'activité aux sous-traitants », rapporte la CGT. W