Machines François Delarozière dévoile ses mécaniques une veuve noire au Japon

David Prochasson

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Yokohama s'est réveillée ce matin avec un immense paquet dérivant dans ses eaux. Jusqu'à dimanche, la ville portuaire, au sud de Tokyo, va découvrir les araignées géantes fabriquées à Nantes par l'association La Machine. L'une d'entre elles, d'une envergure de 20 m, avait été présentée à Liverpool en septembre dernier. La seconde, une veuve noire plus petite, a été construite en secret cet hiver sur les bords de Loire. Seuls quelques curieux l'avaient alors découverte lors des essais sur le site des Nefs. D'un poids de 35 tonnes, elle est manipulée par 18 personnes. « La première était assez douce, la seconde joue beaucoup plus sur la phobie avec des crocs pour mordre », prévient François Delarozière, son concepteur.

C'est un hasard. Après avoir quitté le site de l'Eléphant, à Nantes, les araignées débutent leur périple à la Trompe de l'éléphant, l'ancien port historique de Yokohama. Alors que la première araignée se réveille, une seconde vient se nicher au-dessus d'une grue. Perchés sur des nacelles et des chariots élévateurs, seize musiciens classiques, dont dix Japonais, accompagnent la parade. Sept machines à effets imitent la neige, le vent ou le feu. Devenues sociables au fil des jours, les araignées, souples et complexes, jouent avec des danseurs au sol. « Dans un pays assez rigide, le choc sera extraordinaire », prévient françois Delarozière.

L'une des deux araignées restera au Japon, comme une citoyenne de la ville, pendant 153 jours, le temps des commémorations. Peu de chances en revanche de voir le spectacle débarquer dans la cité des Ducs : « Nantes est bien gâtée, concède François Delarozière. Elle a une compagnie [Royal de Luxe] qui travaille dans la même veine. Il n'y a pas la place pour deux histoires. »