Raphaël, sévèrement talentueux

Alexandre Nouhaud Photos : J-S Evrard

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« Je me savais attendu, car je commence à être connu. J'avais cette pression supplémentaire que les autres n'avaient pas. » Cela n'a pas empêché Raphaël Sévère de devenir, à 14 ans, fin février, l'un des plus jeunes musiciens admis au prestigieux conservatoire national supérieur de musique de Paris. Seul retenu parmi la cinquantaine de candidats, tous âgés de plus de 20 ans. « Je vais pouvoir décoller, prendre des cours avec les meilleurs professeurs », se réjouit le clarinettiste qui habite chez ses parents à Vertou.

Pour le rencontrer, rendez-vous est pris au conservatoire de Nantes. Une évidence. « C'est en quelque sorte ma deuxième maison, j'y passe énormément de temps. » Une mère pianiste, un père professeur de clarinette au conservatoire, c'est tout naturellement qu'à l'âge de 5 ans, il se met au piano. « Cet instrument était pour moi le symbole de la musique. »

Mais cela ne lui suffit pas. Il souhaite apprendre la clarinette. Refus. « Mon père voulait que j'essaye d'autres instruments, différents du sien. Sûrement afin d'éviter l'image du père qui pousse son fils à faire comme lui. » Il s'y lance quand même à l'âge de 8 ans. Très vite, il révèle un potentiel exceptionnel. « Au bout d'un an, j'ai sauté huit niveaux pour entrer en troisième cycle. » Un peu comme si on passait du CP en terminale. Raphaël multiplie les concours dont celui de Tokyo, très reconnu, lors duquel il remporte le premier prix. Il participe également à de nombreux concerts, se produisant comme soliste à la Folle journée de Nantes. Il a également sorti en 2008 un CD « qui a bien marché ».

Plus tard, l'ado prodige aspire à « être reconnu par ses pairs ». Mais il le sait, « qu'avoir du talent ne suffit pas, il faut travailler ». La clarinette (4 h par jour), mais aussi le piano (1 h), auxquels s'ajoutent les heures de cours. « Mes parents ne me poussent pas à travailler, mais ils me donnent des conseils, car ils ont suivis le même cursus que moi. » Et l'école ? « Elle a toujours été secondaire pour moi, comme pour mes parents. » Actuellement en première F11 (bac technologique musique), il suit depuis trois ans des cours par correspondance. « J'ai plus de temps pour la musique comme ça. » Sûr de ses qualités, Raphaël n'a qu'un reproche a se faire. « J'aime bien en rajouter, me faire mousser. Mais il faut que je reste simple, sinon, à Paris, je ne vais me faire que des ennemis. » ■Raphaël sera en concert le 24 avril à 19 h 30 au château de Goulaine. Entrée : 12 euros.