Nantes : « J’ai envie de savoir, mais j’ai aussi très peur », confie le père de Léa Petitgas, disparue il y a quatre ans

INTERVIEW Depuis quatre ans, Christophe Petitgas cherche à «obtenir la vérité» à propos de la disparition de sa fille, à Nantes

Propos recueillis par Julie Urbach
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Léa Petitgas a disparu à Nantes depuis le 13 décembre 2017
Léa Petitgas a disparu à Nantes depuis le 13 décembre 2017 — Police nationale
  • Léa Petitgas était âgée de 20 ans quand elle a disparu, il y a quatre ans jour pour jour.
  • Les enquêteurs n'ont toujours aucune piste sur ce qui a bien pu arriver à la jeune femme.
  • L'affaire passera bientôt dans l'émission Appels à témoins sur M6, indique son père Christophe.

Le matin du 14 décembre 2017, le téléphone portable de Léa Petitgas bornait pour la dernière fois dans le quartier Canclaux, où elle habitait un petit appartement. Quatre ans plus tard, la disparition de cette  Nantaise, alors âgée de 20 ans, reste un mystère pour les enquêteurs. La jeune femme, qui ne s’est jamais présentée à son travail, s’est volatilisée sans que personne ne sache aujourd’hui ce qui a pu lui arriver.  Son père, Christophe Petitgas, se confie à 20 Minutes.

Quatre ans après, toujours aucune trace de votre fille… Comment évolue l’enquête ?

Les policiers n’ont rien du tout mais je sais qu’ils ne lâchent pas. Ils ne m’appellent plus beaucoup, mais je sais bien que leur métier n’est pas d’accompagner les familles dans leur douleur. De mon côté, même si je tourne en rond, je fais toujours mes propres recherches pour obtenir la vérité, aidé par Amélie, la petite sœur de Léa qui vient d’avoir 20 ans, et se pose beaucoup de questions. Nous allons bientôt faire l’émission Appels à témoins sur M6. C’est l’opération de la dernière chance car pour l’instant, rien ne nous a menés jusqu’à ma fille. Ce que j’espère depuis longtemps, c’est que quelqu’un parle, enfin. Si ça ne donne rien, ce serait comme une bouteille vide qu’on jetterait à la mer…

Il y a quelques mois, les policiers se sont intéressés à un homme, mis en examen en août 2020 pour le viol et le meurtre d’une lycéenne à Nantes…

Les policiers sont revenus dans le quartier de Léa pour montrer des photos de ce monsieur aux riverains. Ça a été très dur pour moi quand je l’ai appris, car depuis la disparition de Léa, je lis beaucoup les faits divers donc j’étais au courant de ce que ce monsieur avait fait à cette jeune fille. On m’a dit qu’un rapprochement pouvait être fait, mais aucun lien n’a depuis pu être établi.

Vous n’avez jamais cru à la thèse de la fugue. Quelle est votre conviction aujourd’hui ?

Ma fille a été attaquée, j’en suis persuadé. J’ai rencontré sa supérieure, ses amis, ses voisins… Ni moi ni personne ne croit à un départ. Léa vivait chichement, mais elle était bien, entourée, elle avait pris deux chats. Même si elle avait des problèmes de loyers, j’étais là pour l’aider, tout en voulant que les choses avancent, donc je l’embêtais un peu. Lors de notre dernier échange, je l’avais réprimandée à ce sujet d’ailleurs. Ça reste un regret aujourd’hui…

Vous êtes d’ailleurs récemment revenu dans cet appartement…

Quand les scellés ont été enlevés, j’y suis allé, j’ai récupéré des cahiers de dessin de Léa, quelques bijoux à elle. J’ai aussi pris une peluche que je lui avais offerte quand elle avait dix ans, et qu’elle avait toujours gardé avec elle. Léa écrivait beaucoup mais ses carnets intimes ont été gardés par les policiers. J’espère pouvoir les récupérer un jour, savoir ce qu’elle pensait juste avant qu’elle ne disparaisse.

Comment allez-vous depuis toutes ces années ?

Plus les années passent, plus c’est dur. Au début, j’étais dans l’action et j’espérais que les choses bougent, je le pensais vraiment. Après quatre ans, on tombe un peu dans le désespoir, on se dit qu’on ne saura jamais ce qui est arrivé. Comment a-t-elle pu disparaître comme ça dans la rue, dans un quartier vivant ? Le matin, son téléphone borne, et ensuite plus rien. Plus rien sur les comptes, plus rien sur les réseaux sociaux… J’ai envie de savoir, mais j’ai aussi très peur. En attendant, je continue à vivre, pour mes autres enfants, la famille. J’essaye de bricoler dans la maison, de faire des choses, mais j’y pense bien sûr tous les jours. Il y a des moments plus difficiles, comme les périodes de  Noël qui rappellent toujours de mauvais souvenirs.

Léa est de petite taille (1,47 m), de corpulence fine, a de longs cheveux bruns. Elle possède un signe distinctif : une cicatrice sur l'avant bras droit. La veille de sa disparition, elle avait passé la soirée à son domicile avec un ami, passionné de dessin comme elle. En cas d'information, composez le 02 53 46 70 00 ou le 17.