Nantes métropole s'attaque à la publicité, un millier de panneaux vont disparaître

AFFICHAGE La métropole instaure un règlement réduisant drastiquement le nombre de panneaux, de même que la publicité lumineuse. Des changements visibles dès 2022

Frédéric Brenon
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Des grands panneaux publicitaires au sud de Nantes (illustration).
Des grands panneaux publicitaires au sud de Nantes (illustration). — F.Elsner/20Minutes
  • Nantes métropole vote vendredi le projet d'un règlement local de publicité métropolitain (RLPM).
  • Celui-ci vise à contraindre l'affichage publicitaire et à réduire le nombre de panneaux.
  • Ce règlement est le résultat d'une concertation menée avec la population.

Ils sont omniprésents et les habitants semblent de moins en moins les supporter. Après Grenoble, Lyon ou Rennes, la métropole nantaise décide de s’attaquer frontalement aux panneaux publicitaires. Un projet de règlement local de publicité métropolitain (RLPM) particulièrement restrictif va être soumis au vote des élus du conseil métropolitain vendredi. Objectif : limiter les implantations, embellir le paysage et lutter contre la pollution, d’ici à 2024.

Pour y parvenir, le règlement prévoit d’interdire purement et simplement la publicité sur 70 % du territoire. Sont concernées les zones agricoles, les zones naturelles, les couloirs paysagers, notamment les abords de la Loire, de la Sèvre, de la Chézine ou du Cens (boulevard de Sarrebruck, quai Wilson, quai Cormerais…), ainsi qu’un périmètre de 50 m autour des écoles (de la maternelle au collège). La métropole entend également faire disparaître l’ensemble des grands panneaux de 12 m2, réduire de moitié le nombre d’espaces de 8 m2, et diviser par deux la pub présente sur les mobiliers urbains du cœur historique de Nantes. Au total, un millier de supports publicitaires vont devoir être démontés.

Un manque à gagner pour la collectivité

Mais le règlement ne s’arrête pas là. Le déploiement des écrans numériques, gourmands en énergie, sera suspendu (23 écrans sur les 70 commandés ne seront pas installés). Les dispositifs numériques de plus de 2 m2 ne seront plus autorisés sur le domaine privé. Les publicités lumineuses, y compris celles situées dans les commerces, devront être éteintes de minuit à 6 heures du matin. L’éclairage des  abribus se coupera à la fin de service de la ligne de transport. Quant à la réclame au bénéfice de produits polluants (véhicules SUV…), on ne la verra plus non plus.

« C’est un vrai progrès », se réjouit Julie Laernoes (EELV), vice-présidente de Nantes métropole, qui en avait fait un engagement fort de la dernière campagne municipale. « Il y avait une incohérence à avoir un contrat [avec JCDecaux] qui visait à démultiplier la publicité quand, de l’autre côté, on demande d’être dans la sobriété pour diminuer l’impact sur l’environnement. Le projet présenté est ambitieux. Ce n’était pas si évident, il y a des lobbies, il y a aussi des recettes financières en moins pour la métropole. » Le contrat actuel passé avec JCDecaux garantit le versement à la collectivité d’une redevance de 6,6 millions d’euros en 2021. Cette somme, qui avait vocation à augmenter au fil des ans, sera inévitablement réduite avec le nouveau règlement.

« Nos remarques ont été entendues »

Ce manque à gagner n’émeut pas le collectif Résistance à l’agression publicitaire, lequel avait évidemment participé à la concertation publique préalable menée pendant un an entre 2020 et 2021. « Nous sommes assez satisfaits, nos remarques ont été globalement entendues, confie Luc Fedon, l’un des membres actifs du collectif. On voit bien que le ras-le-bol de la publicité est un sujet qui monte depuis quelques années. Il pose le problème de la surconsommation, de l’enlaidissement des villes. De la sécurité, aussi, puisque les panneaux contribuent à détourner l’attention sur la route. »

Le RLPm fera l’objet d’une enquête publique avant de pouvoir être mis en œuvre, vraisemblablement fin 2022.