Le bureau au Burundi fait débat

au Burundi, Antoine Gazeau

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Dans le jardin, un manguier, un avocatier et un citronnier. Ouvert en juin 2008, le bureau du conseil régional des Pays de la Loire à Bujumbura a de l'allure. De là à le rendre nécessaire... L'opposition en doute. La trentaine de Ligériens en « mission d'évaluation de la coopération » cette semaine au Burundi, pas du tout. Pas même Hervé de Charette (UMP). « On évite ainsi la logique du chèque de bonne conscience, explique l'ex-ministre des Affaires étrangères (1995-1997). J'ai toujours soutenu ce projet [contre son camp] et j'avais raison : on a des résultats... » « Comparé aux coopérations étatiques, ce partenariat est efficace tout de suite », ajoute Jean-Jacques Nyenimigabo, ministre des Sports local.

En période de crise, les Ligériens anticipent les critiques. Le coût du bureau ? 85 000 euros. Le reste des actions ? 217 000 euros. « Pour 1 euros versé, 3 euros arrivent au Burundi grâce aux autres partenaires », précise-t-on. L'intérêt économique direct est certes nul : Gérard Estival, de la chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Nantes-Saint-Nazaire, va devoir vendre à son retour l'idée d'une coopération avec une CCI locale à peine née... Seul Veolia pourrait guetter un possible assainissement des eaux de la capitale. Le Burundi n'est pas la Chine, où la région possède un autre bureau. « Mais le repli sur soi serait irresponsable », assume Jacques Auxiette, président (PS) de la région.

L'écueil est connu : le saupoudrage, sans suivi. Depuis six mois, une machine à glace offerte par la région tourne sur un port de pêche du lac Tanganyika. Elle n'est pas encore rentable. Mais des caissons isothermes sont produits localement, du poisson frais est livré à « Buja ». Toute une filière pêche y naît, avec l'appui quotidien d'un représentant ligérien. Un bureau au Burundi, ça sert surtout à ça. ■