Nantes : La collecte séparée des déchets alimentaires sera étendue à toute la métropole

DECHETS L'expérimentation menée à Nantes-nord est jugée concluante et sera généralisée. D'ici à 2026, les déchets alimentaires ne devront plus à aller à la poubelle

Frédéric Brenon
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Des seaux à compost seront distribués à tous les foyers (illustration).
Des seaux à compost seront distribués à tous les foyers (illustration). — ERIC PIERMONT / AFP
  • La collecte séparée des biodéchets va s’étendre à tous la métropole.
  • Les déchets organiques, qui devront être déposés dans des points de collecte, seront transformés en compost.
  • Objectif : diminuer la quantité de déchets dans les poubelles et développer une filière de compost.

Ce n’est pas le sujet le plus sexy qui soit. Mais il concerne l’ensemble des habitants. Le traitement des ordures ménagères va faire l’objet d’un budget d’investissement exceptionnel de la part de Nantes métropole : pas moins de 136 millions d’euros lui seront débloqués lors du mandat (2020-2026), soit trois fois plus qu’au mandat précédent. Objectif : recycler 65 % des déchets ménagers produits (31 % actuellement) et réduire leur volume de 20 %. L’adoption du budget, soumis ce jeudi au vote des élus du conseil métropolitain, s’accompagne d’une mesure « ambitieuse » concernant les déchets alimentaires.

Depuis un an, une collecte séparée des épluchures, restes d’assiettes et autres denrées périmées est expérimentée par 1.650 familles des quartiers nord de Nantes. Les habitants sont invités à déposer leurs biodéchets dans un seau à compost, puis à vider celui-ci dans un point de collecte collectif proche de chez eux. Contrairement aux sacs d’ordures ménagères, ces déchets organiques ne sont plus incinérés mais « valorisés » en compost pour « nourrir le sol et les cultures ». L’expérience, qui existe dans d’autres quartiers à plus petite échelle, est jugée suffisamment « satisfaisante » pour être désormais étendue à l’ensemble des quartiers Nantes-nord (environ 25.000 habitants). Et il ne s’agit que d’une première étape.

Une centrale à compost envisagée

Pressée par la réglementation nationale, la métropole compte élargir ce dispositif à l’ensemble de la ville de Nantes en 2023-2024, en commençant par l’île de Nantes et Nantes sud. Puis viendra le tour de l’ensemble des 24 communes de la métropole d’ici à 2026. Les points d’apport volontaire vont alors être « multipliés ». Un seau à compost sera distribué à chaque foyer.

Une partie du compost issu des biodéchets sera utilisée pour enrichir les espaces verts de la métropole, une autre sera revendue à des « agriculteurs du territoire ». « Les quantités collectées seront telles qu’il faudra nécessairement passer d’une échelle artisanale à une échelle industrielle. Il faudra qu’on s’équipe », prévient Mahel Coppey (EELV), vice-présidente de Nantes métropole. La création d’une centrale à compost métropolitaine est envisagée.

Par ailleurs, les élus de Nantes métropole se prononceront aussi ce jeudi sur l’abandon du système de collecte Tri’sac, lequel concerne 70 % des habitants de la ville de Nantes. Les sacs bleus et jaunes de Tri’sac seront en grande partie remplacés par des bacs.