Fillon et l'UMP ne sont vraiment pas Dakar avec Royal

POLITIQUE Elle a critiqué lundi le discours de Nicolas Sarkozy en 2007 dans la capitale sénégalaise. Le camp du chef de l’Etat sort les baïonnettes...

Avec agence

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Lionel Jospin a finalement renoncé jeudi à se lancer dans la course à l'investiture socialiste à la présidentielle, tout en affichant son hostilité à la candidature de Ségolène Royal, grande favorite des sondages.
Lionel Jospin a finalement renoncé jeudi à se lancer dans la course à l'investiture socialiste à la présidentielle, tout en affichant son hostilité à la candidature de Ségolène Royal, grande favorite des sondages. — Georges Gobet AFP

«J'invite Mme Royal à un peu plus de retenue et un peu plus de dignité lorsqu'elle évoque la France et ses autorités dans le monde». François Fillon, dans un discours, mardi soir, devant les parlementaires de la majorité réunis à Matignon, a rappelé à l’ordre Ségolène Royal, qui s’était élevée la veille contre des propos du président sur «l’Homme africain» et avait demandé «pardon» aux Sénégalais pour ces propos «humiliants».

«Je n'ai pas le temps pour la polémique», a simplement commenté Nicolas Sarkozy, en visite mardi dans les Bouches-du-Rhône. D’autres à l’UMP et au gouvernement ont ce luxe. Toute la journée, les réactions d'indignation se sont multipliées à droite. «Attaques infantiles», «de Chine à Dakar, en passant par Washington, madame Royal ridiculise notre pays», a grondé Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l’UMP.

Qui s’est fait piquer son sens de la formule choc pour la circonstance par Roger Karoutchi, le secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement, qui a parlé d’un «tour du monde en 80 bourdes». La véhémente Nadine Morano, ministre de la Famille, a vilipendé «un objectif, celui d'exister» et «une recette, la polémique permanente, la démagogie systématique», voire de «l'antisarkozysme souvent hystérique».

Kouchner entre deux eaux

Pour le patron des députés UMP, Jean-François Copé, les propos de Ségolène Royal sont «écoeurants» et elle a «humilié» la France. Copé, garde-chiourme de la majorité parlementaire, est sorti un peu de son champ d’action en s'étonnant que le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, seule voix un peu discordante au gouvernement, ait jugé «maladroite» la phrase controversée de... Nicolas Sarkozy. Kouchner a néanmoins taxé mardi Royal de «démagogie».

Mardi soir sur RTL, Ségolène Royal a expliqué avoir voulu demander «pardon pour l'ensemble des désordres et des souffrances qui ont été infligés à l'Afrique. Ce mot n'avait jamais été prononcé, maintenant il est prononcé». Elle pourra toujours se consoler avec le soutien de son camp. Elle «a eu raison de tenir un discours qui recrée un lien pas seulement affectif mais humaniste entre l'Afrique et l'Europe, entre l'Afrique et la France», pour Martine Aubry.

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a été tout aussi solidaire: «Elle a raison. Je ne vois pas pourquoi on va lui chercher querelle là-dessus, elle a d'ailleurs été ovationnée». Le député Arnaud Montebourg a relevé sur Public Sénat «l'originalité de la démarche de Ségolène Royal» et l'en a «remerciée».

Quand le PS français trouve un peu d’unité au Sénégal.