Nantes : Face aux urgences pédiatriques débordées et des attentes de six heures, les pédiatres se mobilisent

SANTÉ Face à l’appel à l’aide des urgences du CHU de Nantes, submergées par les nombreux patients, un groupe de pédiatres libéraux a décidé de lancer une plateforme téléphonique pour recevoir les week-ends

Pierre-Alexandre Aubry
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Les urgences pédiatriques sont débordées au CHU de Nantes.
Les urgences pédiatriques sont débordées au CHU de Nantes. — F. Elsner
  • Les urgences pédiatriques du CHU de Nantes sont débordées depuis plusieurs semaines.
  • En cause, les épidémies hivernales infectieuses qui sont plus intenses cette année, notamment les cas de bronchiolites.
  • Une quinzaine de pédiatres libéraux de Nantes ont décidé de mettre en place des astreintes chaque week-end, avec un numéro unique pour les joindre.

Débordées, les urgences de Nantes ont récemment lancé un appel à la population, afin de réguler au mieux le traitement des patients et soigner les cas les plus vitaux. Du côté des enfants, le constat est le même : les urgences pédiatriques du CHU de Nantes croulent sous la demande depuis plusieurs semaines. Cinq à six heures : c’est le délai d’attente depuis quelques jours pour les personnes, hors urgences vitales, qui se présentent au service pédiatrie du CHU de Nantes.

« Il y a embouteillage aux urgences. Le risque, c’est de ne pas prendre en charge les enfants qui en ont vraiment besoin », répète Christèle Gras-Le Guen, cheffe du service pédiatrie de l’hôpital nantais et présidente de la Société française de pédiatrie. Actuellement, seuls 20 % des enfants consultés aux urgences ont été gardés à l’hôpital. Le reste aurait pu se passer d’un passage aux urgences.

« Beaucoup de bébés qui sont tous malades en même temps »

Alors pourquoi un tel engorgement aux urgences pédiatriques ? D’abord en raison des épidémies hivernales, qui sont plus intenses cette année. Notamment la bronchiolite, qui « arrive plus tôt et qui est plus intense ». Après les divers confinements de 2020 et les restrictions sanitaires, nombre d’enfants n’ont pas été exposés aux virus. « Ils n’ont quasiment pas fait de bronchiolite avec les confinements et gestes barrières. Forcément, ceux qui n’ont pas été infectés ont ces virus cette année. On se retrouve donc avec beaucoup de bébés qui sont tous malades en même temps. C’est ce qu’on appelle la dette immunitaire », explique le Dr Cécile Guiheneuf.

« Et le Covid a un peu perturbé tout le monde. Avec des parents qui dégainent aux premiers symptômes ». Avec l’association des pédiatres de la région nantaise, elle et une quinzaine de professionnels ont donc décidé de mettre en place une permanence les week-ends, afin de désengorger les urgences pédiatriques du CHU de Nantes. Un numéro unique (0.222.444.050) est ainsi mis en place depuis une semaine. Une nouveauté à Nantes pour les parents souhaitant prendre rendez-vous en cas de besoin le week-end.

Christèle Gras-Le Guen, secrétaire générale de la Société française de pédiatrie, chef du service de pédiatrie au CHU de Nantes.
Christèle Gras-Le Guen, secrétaire générale de la Société française de pédiatrie, chef du service de pédiatrie au CHU de Nantes. - F.Brenon/20Minutes

Des lits fermés à la moindre absence

Ces pédiatres organisent donc des astreintes les samedis, de 12 h à 20 h et les dimanches et jours fériés, de 8 h à 20 h. Ils reçoivent les patients dans leurs cabinets, sans dépassement d’honoraires. Un rouage supplémentaire dans une profession prise d’assaut par les patients en ce début d’hiver. « D’autant que les équipes sont fatiguées et qu’on n’arrive plus à recruter. Récemment, une infirmière n’a pas pu venir faire sa journée, et nous avons dû fermer six lits », sur les 120 disponibles en pédiatrie aux urgences de Nantes.

D’où l’aide supplémentaire apportée par les pédiatres libéraux. « On est dans une démarche de protéger l’hôpital. Il faut aussi que les gens retrouvent de bonnes habitudes sur l’usage thérapeutique », et tout particulièrement celui de ne pas forcément se rendre aux urgences directement. Car les urgences pédiatriques doivent être réservées aux cas graves, en particulier pour les bébés de moins de trois mois. Il existe d’autres solutions en cas de besoin : le médecin généraliste, SOS Médecins, les maisons médicales de garde ou le 15.