L'appel du râteau gagne Nantes

Guillaume Frouin

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Le phénomène va crescendo. A Nantes, 560 familles sont actuellement en attente d'une parcelle de jardin familial. La ville, qui en compte 907 au total, enregistre ainsi près de 250 nouvelles inscriptions chaque année. Résultat : en dépit des désistements (déménagements, décès...), le délai s'allonge. Trois ans, en moyenne, selon la mairie. « Comme dans d'autres grandes villes européennes, les citadins ressentent le besoin de loisirs simples, d'un retour à la terre et d'une vie en harmonie avec les saisons », explique Marie-France Ringeard, responsable du service des jardins familiaux.

« Le jardin est un espace de liberté en ville, en particulier pour les locataires, qui ne peuvent faire de travaux dans leur appartement », analyse également Simon Sandoval, chargé de mission à Ecopôle, un réseau d'acteurs de l'environnement. Son association vient de lancer une opération pour développer les pratiques écologiques dans ces « mini-réserves naturelles » urbaines. Des ateliers gratuits (apprendre à faire son compost, les bonnes associations de légumes...), des groupes d'échanges de trucs-astuces ou des cours théoriques d'horticulture à l'université sont ainsi proposés. « Paradoxalement, certains habitants qui disposent d'un lopin de terre ne l'exploitent pas », note Simon Sandoval. « Les connaissances de leurs parents se sont un peu perdues et ils croient ne pas savoir jardiner. A nous de les accompagner. » ■