Un « jardin clandestin » qui fait son trou

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Ils sont la mauvaise herbe du quartier Saint-Clément, du genre qui ne veut plus partir. Rue Monfoulon, une poignée de jardiniers urbains refusent de décamper du terrain qu'ils louaient, jusque-là, à l'évêché de Nantes. Deux immeubles de logements doivent en effet y être construits par un promoteur immobilier, et rayer de la carte leurs tulipes, épinards et autres pêchers.

« Nous ne sommes pas contre le projet, mais pour un réaménagement qui laisse de la place aux jardins », insiste Loïc Danièle, un informaticien de 38 ans, improvisé de facto porte-parole des squatteurs. « Ici, c'est le dernier espace vert entre l'île Versailles et le Jardin des plantes. Pour nous, c'est important de pouvoir grattouiller la terre. »

Pour défendre leur cause, les jardiniers de Saint-Clément ont donc créé un blog*. Et leur association, La clairière. « Si demain les bulldozers arrivent, on est foutus, explique Yves, un instit de 37 ans. Il fallait absolument qu'on se structure. »

Ils pourraient aujourd'hui se trouver un allié inattendu : la crise économique. Malgré un permis de construire accordé selon eux en juillet dernier, le promoteur immobilier n'a toujours pas commencé ses travaux. « L'évêché est toujours propriétaire du terrain », justifie un de ses responsables. Lequel évêché, de son côté, préfère faire la sourde oreille aux sollicitations de 20 Minutes. ■G. F.

*http://jardinstclement.unblog.fr.