Jaouen se pointe sans rouflakets

David Prochasson

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Il voulait à tout prix « pécho » une fille. C'est désormais du passé depuis que Jaouen a rencontré Mari Purificacion.

Délesté des Rouflakets, ses musiciens, l'artiste joue ce soir au Live Factory, dans le cadre du festival Juste pour rire. Avec son solo à deux, il poursuit une aventure débutée en 2004 autour d'un personnage décalé. « Un fils à maman, boyscout, qui fait de la musique pour draguer, détaille Jaouen Letourneux. Pour lui, Jésus est cool puisqu'il a beau faire des bêtises, il ne voit jamais le couperêt tomber. » Avec son pull jaune et son futal trop court, ce catho naïf a d'abord tourné dans la rue, avant d'écumer les scènes à la faveur d'un bouche-à-oreille positif.

Cette fois, l'ado attardé a pris de l'âge. Il est entré à la fac, est plus engagé. Et surtout, il fréquente Mari Purificacion, une bigotte qui n'a vu pour unique spectacle que la messe. « Une fille dans le groupe ? C'était un challenge pas gagné, plaisante Jaouen. Je suis quand même un puceau devant l'éternel. » A eux deux, ils créent un concert qui vire au spectacle de clown. Le duo livre sept nouvelles chansons autour de l'amour, du couple ou de sujets politiques. Et s'offre même le luxe de présenter un titre triste. Car Jaouen est drôle sans se prendre pour un comique : « Ça n'a jamais été mon créneau. On est avant tout un groupe de musique. » Le vainqueur 2007 du tremplin Complètement à l'ouest est arrivé par hasard à Juste pour rire. « C'est le TNT qui m'a poussé. J'ai gagné mais jusqu'au bout, le jury m'a dit que j'étais trop musical. » Après avoir séché l'an dernier le tremplin 20 Minutes pour convaincre auquel il était qualifié, il revient cette année juste pour jouer.

A 21 h au Live Factory (quai des Antilles). 11 eur.

Rens. sur www.justepourrire-nantes.fr.