Nantes : Le « triste bilan » de Citad’elles, lieu refuge de plus en plus fréquenté par les femmes violentées

ANNIVERSAIRE Ouverte à Nantes il y a deux ans, la structure unique en France met à l’abri et accompagne les femmes victimes de toute forme de violence

Frédéric Brenon
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Dans un des salons de Citad'elles, lieu refuge et d'accompagnement pour les femmes victimes de violences, à Nantes.
Dans un des salons de Citad'elles, lieu refuge et d'accompagnement pour les femmes victimes de violences, à Nantes. — F.Brenon/20Minutes
  • Citad'elles est accessible gratuitement 24 heures sur 24, sans rendez-vous.
  • Ce lieu d'accompagnement est de plus en plus fréquenté.
  • Le site, extrêmement sécurisé, propose des hébergements d'urgence.

« Le bilan est triste au regard du grand nombre de femmes accompagnées. Mais on ne peut qu’être fiers d’avoir ouvert ce lieu. Il répond indiscutablement à un besoin. Une quinzaine de villes sont d’ailleurs venues prendre des renseignements », raconte Mahaut Bertu (PS), adjointe au maire de Nantes. Deux ans après son ouverture, Citad’elles a accueilli plus de 2.300 femmes dans ses locaux du boulevard Vincent-Gâche, sur l’île de Nantes. Unique en France, ce centre d’accueil  met à l’abri et accompagne gratuitement les femmes victimes de violences 24h/24, 7j/7, sans rendez-vous.

Une équipe de professionnels (travailleurs sociaux, infirmière, psychologue, éducatrice spécialisée pour enfants) est présente sur place. De nombreuses associations et structures y tiennent aussi des permanences. « Chaque jour, deux à trois femmes s’adressent à Citad’elles pour la première fois », constate Valérie Allasaunière, directrice du site.

Une « libération de la parole »

La plupart des visites, dont le nombre a doublé depuis un an, concernent des faits de violences conjugales. Mais les accompagnements liés à des violences intra-familiales ont sensiblement augmenté. « Le livre de Camille Kouchner et l'affaire Duhamel ont permis de libérer la parole et de susciter une vraie prise de conscience. Les victimes et proches ont pu se rendre compte que les violences pouvaient toucher tous les milieux », observe Cathy Milard, directrice de SOS inceste et violences sexuelles à Nantes.

Dans les locaux de Citad'elles à Nantes.
Dans les locaux de Citad'elles à Nantes. - S.Salom-Gomis/Sipa

La majorité des femmes accueillies sont mères et âgées entre 25 et 45 ans. Mais de « plus en plus » de jeunes femmes (moins de 25 ans) se présentent, jusqu’à peser une visite sur cinq désormais. Les trois quarts des femmes sont originaires de l’agglomération nantaise. Plus de la moitié s’engagent dans un parcours d’accompagnement.

Des hébergements temporaires

Les trois hébergements d’urgence mis à disposition par Citad’elles sont également davantage sollicités : 76 femmes et 79 enfants y ont été relogés depuis un an pour quatre nuits en moyenne, « le temps de trouver une solution dans les hébergements de droit commun ». La sécurité est en effet « un enjeu » des locaux gérés par la ville de Nantes.

Un budget de fonctionnement de 2,2 millions d’euros est consacré chaque année à la structure, soutenue également par le conseil départemental et l’Etat. L’ouverture de Citad’elles avait coûté 2 millions d’euros à la mairie de Nantes.