Nantes : Très attendu, le village expérimental de tiny houses de Rezé va enfin voir le jour

HABITAT La commune de Rezé s'apprête à accueillir quatre mini-maisons sur l'un de ses terrains

Julie Urbach
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Illustration d'une tiny-house, mini-maison transportable montée sur roues
Illustration d'une tiny-house, mini-maison transportable montée sur roues — Caters news agency / SIPA
  • Lancé en 2019, le projet de village expérimental de tiny houses à Rezé devient concret.
  • D’ici à la fin de l’année, quatre ménages, propriétaires de mini-maisons, vont s’installer sur une parcelle appartenant à la ville.

Créer, tout près de Nantes, le premier village expérimental de tiny houses de France. Fin 2019, l’ancienne mairie socialiste de Rezé avait fait sensation avec sa proposition originale autour de ce mode d’habitat écologique, de plus en plus populaire en France. Avec un an de retard et plusieurs modifications du projet initial, ces mini-maisons en bois montées sur roues et dotées de tout le nécessaire pour vivre confortablement vont enfin débarquer. « C’est imminent, annonce à 20 Minutes la mairie de Rezé. Si tout va bien, les premières installations interviendront vers la mi-décembre. »

Au départ prévu sur une parcelle aux Bourderies, finalement trop humide, c’est plus au sud, sur un terrain boisé plus petit (3.600 m², situé rue de la Maillardière), que l’étonnant village va voir le jour. Quatre ménages, dont certains ont construit eux-mêmes leurs tiny houses, ont été sélectionnés après un appel à candidature. Réunis en association syndicat libre, ils pourront y rester 5 ans minimum et jusqu’à dix ans, moyennant un loyer encore à définir, mais qui devrait tourner autour de 300 euros. « Ces personnes ont évidemment une forte sensibilité environnementale, nous avons pris le temps de les recevoir pour connaître leurs attentes, explique Jean-Louis Gaglione, adjoint au maire (Rezé citoyenne) à l’environnement. Elles étaient huit au départ mais certaines ont abandonné. Avec le changement de municipalité, le Covid, les autorisations, le projet a un peu stagné… »

Des contraintes techniques

Car en plus de se mettre d’accord sur la réalisation de deux espaces communs (une structure type yourte et un garage transformé en espace buanderie) et d’une zone de stationnement, il a aussi fallu se frotter à certaines contraintes techniques. Même si la majorité des habitants seront équipés de panneaux solaires, de récupérateurs d’eau de pluie, et tous de toilettes sèches, le site a été viabilisé et une solution pour le traitement des eaux usées, « la plus naturelle possible, en lien avec la philosophie du projet », a dû être imaginée. « La métropole nous a autorisés à déroger à l’assainissement collectif, indique-t-on à la direction du bâti. Le traitement se fera grâce à des roseaux plantés dans un bassin, un procédé de phytoépuration auquel les occupants participeront. » Une zone de compostage est aussi prévue.

La mairie, qui organise la semaine prochaine une réunion publique, promet de suivre de près cette expérimentation sur ce terrain « dont l’état restera presque le même » et ce même si un démontage est finalement décidé, en 2031. « Toujours sous le regard de la réglementation, on s’intéressera aussi à la façon d’utiliser ces mini-maisons pour d’autres populations, avance Jean-Louis Gaglione. C’est une possibilité intéressante pour du logement d’urgence. » Près de Lyon, c’est déjà le choix qu’a fait Villeurbanne : au printemps, 17 de ces bungalows ont été installés sur un terrain municipal pour accueillir des mères isolées, en difficulté.

Un village de tiny à Saint-Brieuc

A Saint-Brieuc, le Ty village accueille une quinzaine de mini-maisons depuis 2019. A la différence du village de Rezé, il s'agit d'une initiative privée.