Nantes : Face à la contestation, le projet de centre pour réfugiés au lycée Arago est suspendu

MOBILISATION Les personnels et parents d'élèves du lycée Arago sont vent debout contre le projet de logements pour adultes construits à proximité de salles de cours. Le préfet annonce finalement la suspension de l'étude

Frédéric Brenon
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La construction de logements est envisagée sur l'un des parkings. Une parcelle qui appartient à l'Etat.
La construction de logements est envisagée sur l'un des parkings. Une parcelle qui appartient à l'Etat. — Google street view
  • L’Etat étudie la construction d’hébergements sur le parking visiteurs du lycée professionnel Arago à Nantes.
  • Le terrain en question se trouve dans l'enceinte du lycée mais appartient à l’université de Nantes, donc à l’Etat.

« Touche pas à mon lycée », « pas de résidence dans l’école de la confiance »… Depuis le début de la semaine, des messages de colère s’affichent à l’entrée du lycée professionnel Arago, établissement de 400 élèves situé à deux pas de la station de tram  Recteur-Schmitt, au nord de Nantes. Les banderoles sont l’œuvre des parents d’élèves et des personnels, unis dans leur opposition à un projet de construction de logements sur le site du lycée. La préfecture étudie en effet la possibilité d’installer une centaine d’hébergements destinés à des « réfugiés, des jeunes travailleurs et des étudiants », indique-t-elle.

Ces bâtiments modulaires de quatre étages, pouvant être livrés en moins de deux ans, seraient implantés à l’emplacement de l’actuel parking visiteurs, sur une parcelle appartenant à l’université, donc à l’Etat. Elle ne se situe « pas dans le lycée » mais « en périphérie », argue la préfecture. Le site retenu jouxte toutefois des salles et ateliers du lycée et nécessite de franchir les grilles de l’établissement pour y avoir accès.

« Le préfet joue sur les mots, dénonce Gaëtan Papillon, enseignant et cosecrétaire du syndicat CGT éduc 44. Le problème n’est pas la question des migrants mais bien la présence de logements pour adultes dans l’enceinte de l’établissement. Ce n’est pas du tout le lieu pour cela ! Un lycée doit rester uniquement un lieu d’apprentissage. Les élèves ont besoin d’être accompagnés dans un environnement stable et neutre. » Les opposants au projet, qui ont reçu le soutien du conseil régional, critiquent également « l’absence de concertation » de la part de l’Etat.

Des « allégations parfois scandaleuses »

Leur message semble avoir été entendu. Sollicitée ce mercredi par 20 Minutes, la préfecture de Loire-Atlantique juge infondés les propos des opposants, tout en annonçant que le projet est finalement suspendu. « Comme pour toute étude de faisabilité, il n’y a pas de calendrier d’ouverture à ce stade, indique-t-on dans l’entourage du préfet Didier Martin. Compte tenu des contre-vérités, rumeurs et allégations parfois scandaleuses qui circulent concernant cette étude de faisabilité, le préfet a décidé avec le recteur de mettre provisoirement "entre parenthèses" la réalisation de cette étude. »

Soulagés par la nouvelle, les personnels et parents d’élèves d’Arago ont tout de même décidé de manifester ce jeudi midi devant les grilles du lycée. « Suspendu ne signifie pas annulé, réagit Gaëtan Papillon. Nous maintenons la mobilisation. Tout le monde pense que ce projet est incohérent. »