Nantes : « A vendre, hôtel particulier, 2 millions d’euros »... Le marché immobilier de luxe atteint (lui aussi) des sommets

IMMOBILIER Maisons bourgeoises, appartements spacieux ou atypiques, hôtels particuliers... Ces biens rares et de plus en plus chers sont très recherchés à Nantes

Julie Urbach
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Illustration du cours Cambronne, tout près de la place Graslin à Nantes, en 2017
Illustration du cours Cambronne, tout près de la place Graslin à Nantes, en 2017 — S. Salom Gomis/ SIPA
  • Le tension du marché immobilier et la hausse des prix se retrouvent aussi chez cette catégorie de logements.
  • Les clients recherchent un espace extérieur, de très beaux volumes, au moins quatre chambres, un garage... dans des quartiers très prisés, centre-ville en tête.

« Superbe maison de caractère, cinq chambres, proche des écoles, 1.577.000 euros. » « A vendre, splendide hôtel particulier, 320 m², 2,4 millions d’euros. » A Nantes, on peut vite avoir le tournis quand on surfe sur les sites des agences immobilières spécialisées dans les biens de luxe. Mais ceux qui le font dans une réelle perspective d’achat doivent être réactifs : alors qu’il est de plus en plus difficile de se loger dans la cité des ducs, cette tension du marché se retrouve aussi chez cette catégorie de logements.

« Avec le télétravail et l’attractivité de la ville qui ne fait qu’augmenter, on a beaucoup moins d’offres que de potentiels acquéreurs, mais il y a ici un patrimoine immobilier haut-de-gamme insoupçonné, illustre Jean-Charles Dezellus, directeur associé du Groupe Mercure Nantes, agence spécialisée dans ce type de biens et nouvellement installée place Delorme. Les ventes sont donc moins nombreuses mais peuvent aller très vite, avec plusieurs offres au prix en quelques jours. »

Un extérieur, de très beaux volumes…

La flambée des prix observée depuis quelques années à Nantes se vérifie dans ce marché de niche, où les biens les plus exceptionnels, un peu plus longs à trouver preneurs, peuvent dépasser les deux millions d’euros. « Il y a quelques années, avec 1,2 million d’euros, on avait une très belle maison. Aujourd’hui, c’est un prix assez courant pour le centre-ville, avec parfois un budget travaux à rajouter », observe Me Marie-Virginie Durand, déléguée à la communication pour la chambre des notaires de Loire-Atlantique. Maisons bourgeoises ou d’architecte, appartements spacieux ou atypiques, ou hôtels particuliers au milieu de terrains parfois équipés de piscine… Ces biens très rares répondent à de nombreuses exigences.

« Les clients souhaitent un espace extérieur, de très beaux volumes, au moins quatre chambres, un garage…, poursuit Marie-Virginie Durand. Il faut en général que le bien réunisse tous les critères, avec du cachet, dans des quartiers très recherchés, proches des services ». Parmi les plus prisés, le triangle d’or (Graslin, Canclaux, Aristide Briand) revient souvent, comme avec cet « appartement d’exception » de 228 m² actuellement en vente cours Cambronne au prix d’1,6 million d’euros et visible sur le site d’Arnold immobilier, l’une des autres agences positionnée sur ce marché. Saint-Félix, Monselet mais aussi Sainte-Anne ont la cote pour les maisons. Mais ne cherchez pas forcément de panneaux : beaucoup de transactions se font en « off market », c’est-à-dire sans publicité.

Vers une stagnation des prix

Alors, qui sont les clients qui viennent taper à la porte de ces agences ? Au groupe Mercure, le mythe du Parisien se vérifie. « Nous avons environ un quart de Nantais, des médecins, avocats, ou startupers qui ont fait fortune dans le digital, décrit Jean-Charles Dezellus. Majoritairement, il s’agit de chefs d’entreprise, 40 ou 50 ans, qui viennent de Paris ou d’expatriation. » Une « ruée vers l’Ouest » beaucoup moins observée chez les notaires, qui ne disposent cependant pas de chiffre concernant cette catégorie d’acheteurs.

Alors qu’en un an, les prix des appartements anciens ont encore augmenté de 10,2 % (3,7 % pour les maisons), la chambre des notaires de Loire-Atlantique s’attend à un ralentissement de la hausse, voire à une stagnation. « Les appartements sans extérieur ou à rénover se stabilisent, confirme-t-on au groupe Mercure. Les biens zéro défaut, eux, continuent de progresser. »