Fusillade à Nantes : Au Breil, « on revendique un seul droit, celui de vivre tranquillement »

SECURITE Trois jeunes hommes ont été blessés par balles en pleine rue, mercredi après-midi, quartier du Breil-Malville

Julie Urbach
— 
Une voiture de police dans le quartier du Breil-Malville, à Nantes.
Une voiture de police dans le quartier du Breil-Malville, à Nantes. — S.Salom-Gomis/AFP
  • Une nouvelle fusillade s'est produite quartier du Breil, mercredi après-midi.
  • «Il faut que la peur change de camp», réagit Charles Caro, membre du conseil citoyen du quartier.

Il a d’abord cru que c’était des tirs feux d'artifice. Tac tac tac… Puis cet habitant du Breil a entendu les sirènes, un bruit là encore familier mais pas forcément en pleine journée, un mercredi après-midi, quand les enfants jouent dehors. Peu avant 16 heures, trois jeunes du quartier ont été blessés par balles en pleine rue et ont été transportés dans un état grave au CHU de Nantes. Des tirs en rafale provenant d’une voiture noire, dont le ou les occupants n’ont pas encore été retrouvés. « L’heure est grave, il faut que la peur change de camp, réagit Charles Caro, membre du conseil citoyen du quartier. Ici, les gens ne revendiquent qu’un seul droit, celui de vivre tranquillement. »

Ce retraité, qui vit à la lisière de ce petit quartier de 5.000 habitants au nord-ouest de Nantes, espère que cette nouvelle fusillade permettra « d’arrêter de nier les problèmes ». « De la simple incivilité aux intimidations pour pouvoir continuer leur petit business en passant par les rodéos, il faut que ça s’arrête. La priorité numéro 1 doit être la sécurité, poursuit-il. Je rencontre régulièrement des femmes qui ont peur pour leurs enfants. On ne tient pas à avoir des cadavres, comme aux Dervallières où un jeune de 15 ans est mort… »

Huit ouvertures de feu à Nantes en un mois

En 2018, le Breil pleurait aussi le décès d’un jeune homme, Aboubakar Fofana, tué au volant de sa voiture par un policier. S’en suivaient des émeutes urbaines sur place et dans différents quartiers de Nantes et le lancement d’une démarche pour « imaginer la transformation du cœur du Breil », toujours en cours aujourd’hui. Quant à la problématique des armes à feu, souvent liées aux trafics de drogue mais pas propre au quartier, le nouveau procureur de la République Renaud Gaudeul la place parmi ses priorités.

« Ces trafics engendrent directement d’autres fléaux plus visibles encore, parmi lesquels les règlements de compte entre réseaux, eux-mêmes à l’origine d’une circulation des armes qui prend incontestablement de l’ampleur. Rendez-vous compte : déjà huit ouvertures du feu depuis que j’ai déposé mes valises à Nantes [1er septembre] », déclarait-il lundi lors de sa prise de fonctions officielle.