Boissier n'est pas tiré d'affaires

Guillaume Frouin (avec AFP)

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Sale temps pour Patrick Boissier. L'ex-patron des Chantiers de l'Atlantique va être cité en tant que témoin devant la cour d'appel de Rennes, dans le procès en appel de l'effondrement de la passerelle du Queen Mary II en novembre 2003, qui a débuté aujourd’hui. Sur le banc des prévenus, quatre salariés des chantiers navals de Saint-Nazaire et quatre de Endel, fabricant de la structure échafaudée. Tous avaient été relaxés du chef d'homicides et blessures involontaires, lors du premier procès en novembre 2007. Seules leurs sociétés avaient été condamnées, provoquant la colère des 130 parties civiles. L'effondrement avait fait, à l'époque, 16 morts et 29 blessés. Le procès en appel, quant à lui, est prévu pour durer deux semaines. Le jugement est espéré avant l'été.

Pour ne rien arranger, Patrick Boissier a été mis en examen vendredi à Nantes, notamment pour « complicité de travail illicite », dans le cadre d'un dossier de malversations dans la sous-traitance des chantiers navals. L'entreprise a également été inculpée, en tant que personne morale. Ces poursuites font suite à la descente surprise de l'inspection du travail, le 9 février 2006, sur le paquebot en construction MSC Musica. En trois heures de temps, elle avait permis de contrôler 645 salariés travaillant pour 127 entreprises. Pour dix-huit d'entre elles, quarante-cinq infractions ont été retenues et seize procès-verbaux dressés. Plusieurs obstructions au travail de l'inspection avaient également été notifiées. La CGT, qui a longtemps dénoncé les malversations des entreprises sous-traitantes, s'est constituée partie civile dans le dossier. ■