Après les facs, les exams bloqués ?

Alexandre Nouhaud et Frédéric Brenon

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« Je vois un mouvement qui s'essouffle. Il faut arrêter le blocus total et passer à un mode d'action plus raisonnable, comme le blocus partiel », tente d'expliquer Bertrand, étudiant en lettres, à l'assemblée générale. C'est pourtant le blocus total de l'université de Nantes qui a été reconduit hier, à une large majorité des deux mille votants. Un choix qui, à mesure que les examens approchent, avive les tensions entre étudiants. Ceux de la fac de droit sont les seuls à avoir repris les cours, lundi. La présidence de l'université, elle, observe le blocus avec inquiétude. Les responsables des différentes filières se sont réunis hier matin pour réfléchir au déroulement des examens. Un report au mois de juin des sessions prévues en mai a été évoqué.

« Lors du CPE, en 2006, nous avions bloqué pendant sept semaines, rappelle Régis Hémon, président de l'Unef. Pourtant, les exams ont eu lieu normalement, et personne n'a été lésé les années suivantes. Si on n'a pas de réponse favorable du gouvernement d'ici à la semaine prochaine, on commencera à se poser des questions pour la suite du mouvement. Les jeunes sont un peu seuls à se bouger en ce moment. On aimerait plus de soutien. » Fanny, étudiante en sociologie, reste optimiste : « Le gouvernement commence à avoir peur. Le mouvement ne s'essouflera pas. » ■