« On n'est pas dans une course à l'audimat »

recueilli par David Prochasson

— 

Life / Live 2 se déroule jusqu'en mai. De quoi s'agit-il ?

C'est l'un des quatre temps forts de notre programmation. Il présente les inventions actuelles dans le spectacle vivant. On y retrouve donc de la danse, du théâtre, des performances et de la musique. La manifestation repose sur les deux principes du Life, l'accueil d'artistes internationaux et une programmation transdisciplinaire.

Quels critères ont guidé vos choix ?

On n'est pas dans une course à l'audimat. Mon objectif est de programmer des choses qui ne se font pas à Saint-Nazaire. Pour les premières années, dans le domaine de la danse et du théâtre, je veux proposer un état des lieux des grandes transformations de ces 15 dernières années. Chaque pièce programmée est ainsi une oeuvre phare.

Il est étonnant de voir Jeff Mills et Jordi Savall...

Ma priorité reste l'electro. Mais on verra aussi bien le violiste Jordi Savall, en partenariat avec le Printemps des arts, parce qu'il a fait revivre la musique baroque. Et quel que soit l'art, la seule question pertinente est celle de l'invention. La modernité ne se fait pas par une décision de rupture mais grâce à une réinterprétation du passé.

Deux ans après l'ouverture du Life, quel bilan tirez-vous ?

Les expos d'art contemporain ont rencontré leur public. Avec celle de Sonic Youth et les concerts qui ont suivi, jamais cette ville n'avait accueilli autant de spectateurs. Mais il faut savoir que le Life travaille avec seulement trois salariés. Il faudra que ça change ou la ville devra modifier ses plans.

Le pari était-il trop audacieux ?

Non. Soit on se condamne à répéter les choses. Soit l'on se pose des questions pour qu'une société réinvente ses propres formes. Saint-Nazaire a suivi les phases du capitalisme mais pas le train de la modernité artistique. La ville a raison de chercher à réduire ces écarts.

Jusqu'au 19 mai. Rens. sur www.lelife.org