Nantes : « Quelques blessures et surtout des fous rires »... Les Nantais disent au revoir au toboggan du château

BYE BYE Installée à l'été 2017, la célèbre attraction sera démontée à partir de lundi prochain

Julie Urbach
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Le toboggan éphémère du Voyage à Nantes.
Le toboggan éphémère du Voyage à Nantes. — F.Brenon/20Minutes
  • Dimanche soir, il ne sera plus possible de glisser le long du château des ducs, à Nantes.
  • L'oeuvre Paysage Glissé, qui sera démontée, emporte avec elle son lot de souvenirs et de péripéties.

« Je passais devant depuis quelques mois. C’était le moment ou jamais pour le tester ! » Amandine, néo-Nantaise de 28 ans, a attendu mercredi, soit l’un des tout derniers jours, pour vivre sa première descente du toboggan le long du château des ducs à Nantes. Car à partir de dimanche soir, le célèbre tube d’acier de 50 mètres de long va tirer sa révérence. « On avait l’accord des Bâtiments de France pour occuper ce seul côté du monument, et pour une période donnée, explique Astrid Gingembre, directrice de projet au Voyage à Nantes. C’est un peu triste de le démonter mais c’était convenu comme ça… C’est en tout cas une très belle aventure qui s’achève ! »

Depuis son installation pour l’édition 2017 du Voyage à Nantes, c’est vrai que l’histoire de Paysage Glissé, conçu par Tact architectes et Tangui Robert, a connu son lot de péripéties et de surprises. D’abord pour les Nantais, qui ont vu pousser (non sans difficultés techniques) cette étrange œuvre sur un monument incontournable du patrimoine. De quoi susciter, comme souvent, des débats et avis contrastés. « Excellente idée, je trouve que c’était une réinvention originale de l’enceinte », écrit Mykha, un internaute qui a répondu à l’appel de 20 Minutes. « Ça faisait un peu tâche accroché au mur comme ça, juge de son côté John. Pour ma part, j’ai essayé une fois, poursuit-il. C’est rigolo mais pas transcendant non plus. »

Le toboggan du château de Nantes sera démonté mi-septembre
Le toboggan du château de Nantes sera démonté mi-septembre - Bony/SIPA

« Rien n’avait été mis pour amortir à l’arrivée ! »

Une dernière remarque probablement partagée par une majorité des dizaines de milliers d’utilisateurs qui y ont défilé pendant cinq étés (30.000 glissades comptabilisées rien qu’en 2021), même si là encore, il y a de tout. « Je suis une très grande fan, s’enthousiasme Louise, une étudiante croisée devant le château. C’est gratuit, la vue de là-haut est géniale, et il y a quand même un peu d’adrénaline au départ, surtout la première fois ». Cyril, qui a tenu à témoigner, ne peut pas en dire autant. Ce père de famille, qui s’est « malheureusement porté volontaire pour faire la glissade de réouverture après une matinée pluvieuse », a eu la peur de sa vie quand il a déboulé à toute vitesse, sa fille de 8 ans entre les jambes. Il s’est en effet aperçu que « rien n’avait été mis pour amortir à l’arrivée ! ».

Résultat, une fracture du tibia « avec plus d’un mois et demi de fauteuil roulant » pour lui, et une fermeture temporaire pour le toboggan, quelques jours à peine après sa mise en service. « Il y a eu des blessures et quelques égratignures au début mais on s’est accrochés, se rappelle Astrid Gingembre. Nous avons fait tous les réglages nécessaires, et notamment rallonger le tronçon d’arrivée, pour que ça ne se reproduise plus. A partir de là, on a surtout entendu beaucoup de fous rires ! »

« Dommage de le retirer »

Fermé quand il faisait trop chaud pour éviter de se brûler les fesses, interdit aux enfants de moins d’1m30 et aux personnes en tongs, le toboggan est pourtant vite devenu un passage obligé pour les touristes et les habitants. Si certains Nantais se disent contents de le voir partir, d’autres ont un petit pincement au cœur. Comme Julie, qui raconte y avoir passé de bons moments entre collègues, et salue son côté « moderne et ludique ». « Je pense qu’il est dommage de le retirer, il est très bien intégré au décor et ça rajoute à l’attractivité du château, rajoute Fabienne. Si c’est pour le jeter, je ne vois pas l’intérêt de l’enlever. »

A partir de lundi et pendant une semaine, l’œuvre sera pourtant démontée par tronçons, à la manière de son installation, qui n’a demandé aucun percement de la muraille. « Le matériau, recyclable, sera pris en charge par un réseau de valorisation », indique le VAN.