Gaspillage alimentaire : Le carton de Smartway, la société qui séduit supermarchés et clients

DATES COURTES La start-up basée près de Nantes met au point des solutions pour mieux gérer les dates courtes et permettre aux consommateurs de profiter de réductions

Frédéric Brenon
Un employé de supermarché opérant le tri des dates courtes.
Un employé de supermarché opérant le tri des dates courtes. — Starway
  • Smartway vend aux supermarchés plusieurs solutions, basées sur l’intelligence artificielle, pour mieux gérer les dates courtes.
  • Le succès est tel qu’elle s’apprête à doubler ses effectifs en un an.
  • La société avait déjà inventé il y a près de dix ans les armoires anti-gaspi.

Elle emploie 80 personnes et envisage de doubler ses effectifs d’ici à l’an prochain. A l’origine des armoires « zéro gâchis »​ dans les supermarchés il y a près de dix ans, la start-up Smartway, basée à Saint-Herblain près de Nantes, a cherché à « aller plus loin » dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. Elle a alors mis au point il y a un peu plus d’un an des solutions (baptisées food waste management system) pour aider les distributeurs à mieux gérer les dates limites de consommation des produits comestibles dans les rayons.

« Nos dispositifs sont basés sur l’intelligence artificielle, explique Paul-Adrien Menez, cofondateur de Smartway. Le premier outil est une sorte de GPS qui permet de guider le salarié dans les rayons pour qu’il repère très rapidement les produits à date courte. Le gain de temps est énorme pour l’enseigne. »

Réduire de 80 % le gaspillage alimentaire

La deuxième solution commercialisée par Smartway suggère les meilleurs choix à opérer pour écouler le stock. La troisième fournit une aide pour étiqueter rapidement les rabais. La quatrième vise à mieux planifier les dons alimentaires. « Bout à bout, elles permettent de réduire de 80 % le gaspillage d’un magasin et d’augmenter de plus de 50 % son résultat net. Il y a aussi des économies significatives pour les consommateurs grâce aux réductions mises en place. Tout le monde y gagne », assure Paul-Adrien Menez.

La démarche de la start-up nantaise a déjà séduit environ 400 magasins en France, en Belgique, en Espagne ou au Portugal. « On travaille avec presque toutes les enseignes, indique le dirigeant. Même des petites surfaces. Des patrons font appel à nous pour obtenir de meilleurs résultats, d’autres non. Il faut bien se rendre compte qu’un hypermarché peut jeter des quantités astronomiques de produits. La conscience du gaspillage alimentaire a évolué, mais il y a encore une grande marge de progression. »

« Pour que ça fonctionne, il faut que l’acteur gagne de l’argent »

Voilà pourquoi Smartway, qui monnaie ses services de 70 euros par mois à « plusieurs milliers d’euros » selon les besoins et les volumes, insiste sur le gain économique pour convaincre les magasins sceptiques. Elle prétend pouvoir faire gagner 300.000 à 500.000 euros par an à un gros hypermarché. « Pour que ça fonctionne durablement, il faut que l’acteur qui s’engage gagne de l’argent. Y compris chez les consommateurs. »

Forte de son succès, Smartway a levé au printemps 10 millions d’euros auprès d’investisseurs afin « d’accompagner la croissance ». Elle recrute en parallèle. A l’horizon 2025, elle vise les 4.000 points de vente équipés dans les quatre pays européens où elle est déjà présente. Elle espère également se développer en Europe de l’est.