Les chars du carnaval sont déjà en orbite

Guillaume Frouin

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Comme un avant-goût de confettis. Trois semaines avant le premier défilé du carnaval de Nantes, le comité des fêtes ouvrait au public les portes de son atelier de la route de Sainte-Luce, hier, pour faire découvrir en avant-première le look des « grosses têtes » du cru 2009. Placé sous le signe de l'espace, quarante ans après les premiers pas de l'homme sur la Lune, celui-ci fait ainsi la part belle aux extraterrestres de tous poils. Ici, on reconnaît ainsi la tête d'ET ; là, c'est celle de Jacques Villeret dans La Soupe aux choux ; plus loin, le masque de Dark Vador témoigne du côté obscur de la farce.

« Je suis vraiment époustouflée par le boulot réalisé », souffle Véronique Paireau, une enseignante de 54 ans qui mitraille les chars avec son appareil-photo numérique. « Ces amateurs réalisent du travail de professionnels. Ils font la fierté de Nantes. N'oublions pas que, aujourd'hui, Royal de Luxe sont les enfants de ce carnaval ! »

Ainsi, depuis octobre, près de cent cinquante carnavaliers (soudeurs, peintres...) travaillent d'arrache-pied à la réalisation des quatorze chars aux couleurs flashy. « C'est une caste, une grande famille, dans laquelle quiconque ne rentre pas comme bon lui semble », prévient Pierre-François Gérard, président du comité des fêtes. « Cela fonctionne d'abord par cooptation, car il faut que la confiance règne. Puis s'ensuit une période de test, plus ou moins longue... Au final, c'est un monde plus fermé qu'on ne le croit. »

Vincent Vaccaro, 31 ans, a, pour sa part, la chance d'avoir grandi au sein de cette communauté. Fils de carnavalier, qui collait les papiers de couleur dès l'âge de 5 ans, il a aujourd'hui repris le flambeau de son père, Jacques. « On cherche d'abord à se faire plaisir et à en procurer aux spectateurs, avant de penser à décrocher un prix », témoigne celui qui est chef de choeur dans la vie. ■