Nantes : L'Arbre aux hérons coûtera finalement plus de 52 millions d'euros et n'ouvrira qu'en 2027

CULTURE Une « version aboutie » de l’Arbre aux hérons a été présentée ce vendredi. Le projet est donc bel et bien sur les rails malgré une facture qui s’est alourdie et une date d’inauguration repoussée.

Julie Urbach
— 
Vue en 2021 du futur Arbre aux hérons
Vue en 2021 du futur Arbre aux hérons — Cie La Machine
  • A Nantes, l'ambitieux projet culturel d'Arbre aux Hérons, désormais prévu pour 2027, coûtera plus de 52 millions d'euros.
  • «Je crois que la période actuelle n'est pas le moment de se replier. Il faut au contraire rayonner et faire rêver», estime la présidente de Nantes métropole Johanna Rolland (PS).

L’Arbre aux hérons va bel et bien prendre racine à Nantes. Alors que le flou régnait depuis quelque temps autour de l’avancée du projet culturel, la métropole et la compagnie La Machine ont dévoilé ce vendredi la « version aboutie » de cette structure monumentale, après trois années d’études techniques. L’aspect de l’arbre, qui mesurera 35 mètres de haut et abritera végétation et bestiaire mécanique comme prévu, n’a pas tellement évolué même si le nombre de branches a été revu à la baisse (17 au lieu de 22). C’est surtout au niveau du calendrier et du budget que cet ambitieux projet, qui doit prendre place au sein du Jardin extraordinaire, a radicalement changé.

Initialement espéré en 2021 puis en 2023, l’Arbre aux Hérons, qui suscite de vifs débats au sein même de la majorité, n’ouvrira finalement pas avant 2027 ! « Nous avons fait un choix de méthode, celui de ne pas nous précipiter, estime Johanna Rolland la présidente (PS) de Nantes métropole, qui va devoir convaincre les élus de voter l’acquisition de l’œuvre lors d’un conseil métropolitain prévu à la fin de l’année. Je crois que la période actuelle n’est pas le moment de se replier. Il faut au contraire rayonner et faire rêver. »

Vue de l'arbre aux hérons (2021)
Vue de l'arbre aux hérons (2021) - Cie La Machine

Près de 20 millions d’euros supplémentaires

Autre point de crispation, le budget s’est, comme redouté, envolé. En raison de « l’inflation » et d’un projet « particulièrement complexe », il est aujourd’hui chiffré à 52,4 millions d’euros HT, contre une enveloppe estimée au départ à 35 millions… Le principe du cofinancement à parts égales entre Nantes métropole, les partenaires publics et les partenaires privés a été conservé, ce qui signifie que chaque partie devra réunir 17,5 millions d’euros.

« Nous considérons qu’il s’agit d’un investissement raisonnable », estime Fabrice Roussel, vice-président à Nantes métropole. La collectivité métropolitaine avait déjà financé 6 millions d’euros. Pour le deuxième poste (celui des partenaires publics), un peu plus de 10 millions d’euros ont déjà été trouvés grâce à la participation de la région, du département et l’Etat. Du côté des financeurs privés, enfin, on annonce pouvoir déjà compter sur la somme de 6 millions d’euros, via un fonds de dotation rejoint par une quarantaine d’entreprises du territoire.

Plus de 4.000 visiteurs par jour attendus

Si tout se déroule comme prévu, les visiteurs découvriront donc dans six ans cette « œuvre unique » au sommet de laquelle deux grands hérons voleront à 45 mètres de haut. Pour atteindre la cime, il faudra déambuler entre ses branches, escaliers, et jardins suspendus à la découverte de 28 animaux mécaniques (paresseux, caméléon…) dont certains sont aujourd’hui déjà visibles dans la Galerie des machines.

Plus de 4.000 visiteurs par jour sont attendus dans cette structure, dont de grandes lianes tomberont des branches en guise d’étais. Les porteurs du projet espèrent que l’Arbre au Hérons deviendra l’un des nouveaux symboles de Nantes, « vitrine du savoir-faire » et source de « visibilité pour le territoire ». Trente millions d’euros par an de retombées économiques sont attendus grâce à ce site, dont la construction associera 90 % d’entreprises régionales, selon les porteurs du projet.

Les Verts font part de leur déception

Opposé au projet, le groupe écologiste et citoyen de Nantes métropole a réagi aux annonces dans un communiqué. « Quelle déception… Après des années d'opacité, des études complémentaires nous ont été présentées ce matin, ne répondant aucunement aux multiples questions soulevées par les écologistes depuis maintenant plusieurs années, écrit Mahel Coppey. Un surcoût de plus de 40%, passant à date de 35 millions à plus de 52,4 millions d’euros est acté, sans aucune explication tangible de l’origine de ces surcoûts.»