Nantes : Logements, piétons, nature et moins de voitures… La future route de Vannes se dessine

URBANISME Les élus de Nantes métropole souhaitent « renouveler » l'artère commerciale aujourd'hui peuplée de voitures attirées par les grands magasins

Frédéric Brenon
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Une portion de la route de Vannes, à Orvault.
Une portion de la route de Vannes, à Orvault. — F.Brenon/20Minutes
  • La route de Vannes s’étale sur les communes d’Orvault, Saint-Herblain et Nantes.
  • Jonchée de grands magasins et de parkings, elle devient déserte le soir et le dimanche.
  • Son schéma d’aménagement est un héritage des années 1960-1970.

 

Etirée sur trois communes (Nantes, Saint-Herblain et Orvault), la route de Vannes est l’une des plus grandes artères commerciales de l’ouest de la France. Plusieurs dizaines de grands magasins, et quelques activités tertiaires et industrielles, sont regroupées sur plus de 2,5 km de long. Mais son aménagement, hérité des années 1970, offre une place majeure aux voitures, les piétons et vélos osant s’y aventurer étant invités à se débrouiller comme ils peuvent. Son animation le soir et le dimanche est, par ailleurs, inexistante.

Voilà pourquoi les élus de Nantes métropole​ aimeraient que ça change. Une phase de concertation avec les habitants, commerçants et usagers vient d’être lancée afin d’envisager son « renouvellement ». La démarche aboutira sur un plan-guide, présenté fin 2022, lequel s’engagera sur des transformations pour les 10 à 15 prochaines années.

Une ligne de bus en site propre

Ce travail réflexion ne part pas d’une feuille blanche. Les élus ont défini quatre grandes orientations comme base de départ. La première consiste à « renouveler et réorganiser la vie commerçante » de la route de Vannes en facilitant le regroupant d’enseignes thématiques, en améliorant le parcours des clients et en rendant le paysage plus attrayant. La deuxième intention est de « transformer la route en un boulevard multimodal réellement accessible à tous les usagers », notamment les piétons et cyclistes. Il est, par exemple, question d’y faire passer une ligne de bus en site propre (busway ou chronobus).

Une portion de la route de Vannes, à Saint-Herblain.
Une portion de la route de Vannes, à Saint-Herblain. - F.Brenon/20Minutes

La troisième orientation est de « rendre la route de Vannes vivante et habitable ». Ce qui passe par la construction de logements, de services publics et de commerces de proximité. Enfin, les élus souhaitent « renforcer la biodiversité », c’est-à-dire ajouter des espaces verts, enlever du béton au sol et faciliter la liaison entre les vallées du Cens et de la Chézine.

« Prévoir ensemble pour ne pas subir son évolution »

« La route de Vannes a été entièrement conçue pour la bagnole et constitue une sorte de frontière pour les villes de Saint-Herblain et d’Orvault. Mais, demain, elle est peut-être un lieu de vie, mieux intégré dans la ville », est convaincue Bertrand Affilé, maire de Saint-Herblain. « Il faut prévoir ensemble son avenir pour ne pas subir une évolution qui ne satisferait personne, insiste Jean-François Guitton, maire d’Orvault. C’est un travail sur le long terme à mener. »

L’une des difficultés du projet est que la plupart des parcelles aménageables appartiennent aujourd’hui aux enseignes commerciales. « Il faudra engager les discussions. On a aussi des outils réglementaires qui peuvent nous aider. Ça ne se fera pas du jour au lendemain », explique Pascal Pras, vice-président de Nantes métropole en charge de l’urbanisme.

Jusqu’au 30 août, les habitants souhaitant intégrer l'atelier citoyen peuvent s’inscrire.