Après douze ans d'attente, le public découvre les dauphins

Frédéric Brenon photos : j.-s. Evrard

— 

Ils sont cinq. Il y a d'abord Cessol, Peos et Mininos, les trois mâles venus du Parc Astérix. Puis Thea et Amtan, deux femelles arrivées d'Harderwijk en Hollande. Agés de 5 à 35 ans, ces cinq dauphins Tursiops sont les nouvelles vedettes du safari-parc Planète sauvage, à Port-Saint-Père. Le grand public a pu les découvrir pour la première fois ce week-end, à l'occasion de la réouverture du site et de la présentation de son delphinarium. Un équipement dont la simple ouverture fait figure d'événement dans le milieu zoologique puisque seuls deux autres parcs accueillent également des dauphins en France : Marineland (Antibes) et Astérix (Plailly).

« Ça fait pas mal parler, reconnaît Karine Guihard, responsable communication de Planète sauvage. C'est un projet qui nous tient particulièrement à coeur. Il donne une vraie unité au parc en permettant de présenter aujourd'hui tous types d'animaux. Et puis ce fut un dossier très compliqué à aboutir. » C'est le moins que l'on puisse dire. Car la première volonté d'installer un delphinarium sur le site date de 1997. Des bassins avaient alors été construits sans autorisation et la venue des dauphins avait été empêchée par le Ministère de l'environnement et la pression d'associations. Des otaries ont ensuite occupé les lieux, jusqu'à ce qu'un second projet soit autorisé il y a deux ans. « On a dépensé près de trois millions d'euros pour réaménager et agrandir les quatre bassins et la galerie sous-marine », explique Karine Guihard. Les otaries, elles, ont été transférées.

Arrivés dès novembre afin de s'acclimater à leur nouvel environnement, les dauphins partagent leur quotidien avec six soigneurs spécialisés. Ces derniers participent également aux spectacles offerts deux fois par jour au public. Chaque séance est accompagnée d'une présentation orale sur le mode de vie de l'espèce, sa relation avec l'homme, les dangers auxquels elle est exposée. « C'est notre mission de parc animalier que de parler pédagogie. Nous ne sommes pas là pour faire du show son et lumière comme on peut en voir à l'étranger. C'est l'occasion de corriger certaines idées reçues sur les dauphins et aussi de sensibiliser à la protection de l'environnement », assure Martin Böye, coresponsable du site. Le parc finance également un programme scientifique, mené avec l'Ecole vétérinaire de Nantes et le CNRS, visant à étudier les mammifères marins de la baie de Bourgneuf. ■