Tripode : les amiantés dans l'attente

Matthieu Bonamy

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Quatre ans tout juste après la destruction du Tripode, les quelque 1 800 personnes exposées à l'amiante contenu dans le bâtiment nantais attendent toujours une reconnaissance de leur statut de victime. Les syndicats sont particulièrement remontés contre le ministère de la Fonction publique qui fait preuve « d'une mauvaise volonté et d'une mauvaise foi manifestes ». Une situation d'autant plus désagréable que le ministère des Affaires étrangères dont dépendaient 700 personnes exposées est plus réceptif à leurs requêtes : « En trois semaines, ils nous ont fourni une liste anonyme de toutes les anomalies observées sur leurs salariés du Tripode. On attend toujours la liste du ministère de la Fonction publique », poursuit Francis Judas de l'intersyndicale amiante.

L'enjeu de cette lutte est d'importance : une meilleure reconnaissance permettrait une préretraite, un dédommagement et un suivi médical poussé. Yvon Kerhervé, également de l'intersyndicale, estime que « les salariés exposés à l'amiante dans le public sont moins bien protégés que dans le privé. Le ministère ne veut pas créer de précédent. » Un documentaire de 52 minutes sur les anciens du Tripode est actuellement en cours de tournage. ■